Laval pendant la guerre et Laval aujourd'hui.

Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 juin 1944, des tracts sont répandus dans Laval : « Vous êtes près d'un site qui va être attaqué incessamment : fuyez ! » Les Lavallois quittent la ville pour se réfugier à la campagne.

 

Le mercredi 7 juin, vers 19 h, une trentaine de bombardiers alliés largue plus de 200 bombes sur la gare et la voie ferrée, beaucoup ne vont pas exploser. La gare est en feu et plusieurs rues sont sérieusement endommagées. Cinq morts et une quinzaine de blessés sont retirés des décombres.

 

Le jeudi 15 juin, 17 h 30, une seconde attaque aérienne a lieu à Laval. Les bombes sont larguées sur la gare, le plateau de Bel-Air, les rues Échelle-Marteau, de la Paix, de Paris, du Lieutenant, ainsi que sur les places de la mairie et Saint-Tugal. En une demi-heure, l'attaque fait 48 morts et une centaine de blessés. Le viaduc est coupé en deux.

 

Le lundi 24 juillet, une troisième attaque aérienne visant la voie ferrée a lieu à Laval. Les rues et les quartiers avoisinants sont touchés. On dénombre onze victimes et de nombreux blessés. L'entreprise Borel, spécialisée dans l'aéronautique (actuelle SCOMAM), est sérieusement touchée, ce qui provoque l'arrêt de la production.

Accident de train - le 21 juillet 1943.
Accident de train - le 21 juillet 1943.
Accident de train - 31 juillet 1943.
Accident de train - 31 juillet 1943.
Le pont d'Avesnières dynamité.
Le pont d'Avesnières dynamité.

L'usine Borel (aujourd'hui la SCOMAM) bombardée le 15 juin et le 24 juillet 1944.

De 1909 à 1914, la société Borel, fondée par Gabriel Borel, fabrique des avions et des hydravions. Durant la Première Guerre mondiale, l'usine située à Mourmelon est temporairement fermée.

Borel rouvre ses portes en novembre 1915 pour produire des avions militaires pour la France.

 

En 1935, face à la menace d'une nouvelle guerre avec l'Allemagne, l'État souhaite décentraliser les industries travaillant pour la Défense nationale. Laval est choisie pour implanter une industrie métallurgique axée sur la construction aéronautique.

 

 

Le 4 octobre 1939, la société anonyme Borel s'installe rue de l'Ermitage, tout près du viaduc.
L'usine lavalloise est dirigée par Vincent André. Le président, Gabriel André, est resté à Paris.

 

Borel devient rapidement la première usine du département. Sept wagons quittent chaque jour la gare de Laval chargés de radiateurs d'avion et de composants de chaudronnerie en alliage léger. Les deux immenses halls en béton armé de 6000 m2 compteront jusqu’à 1100 ouvriers en juin 1940, un étage est dédié à la chaudronnerie et à la soudure.

 

 

À partir de juin 1941, Borel travaille pour le compte de l'Allemagne. L'usine, protégée par l'Occupant, permet aux jeunes d'échapper au service du travail obligatoire (STO).

 

Le 15 juin 1944, le viaduc et l'usine sont bombardés. L'immeuble des ouvriers est touché, le bâtiment des machines outils est soufflé, ainsi qu'une partie du grand hall où sont assemblées les coques d'hydravions. Le 24 juillet 1944, un nouveau bombardement détruit les ateliers de radiateurs.
À la Libération, Vincent André doit rendre des comptes au comité départemental de la Libération. Il effectue deux séjours en prison, avant d'être finalement blanchi. Gabriel André se suicide en septembre 1944.

 

 

En 1949, l'usine Borel devient la Société de Construction Mécanique et Aéronautique de la Mayenne (SCOMAM) spécialisée dans la fabrication de radiateurs pour les automobiles.

Le Viaduc - 15 juin 1944.
Le Viaduc - 15 juin 1944.
Reconstruction du Viaduc.
Reconstruction du Viaduc.
La gare.
La gare.
La poste.
La poste.
L'entrée des Américains.
L'entrée des Américains.
Le 7 août 1944.
Le 7 août 1944.
Reconstruction du Pont d'Avesnières.
Reconstruction du Pont d'Avesnières.
De Gaulle à Laval - 22 août 1944.
De Gaulle à Laval - 22 août 1944.
Pont Aristide Briand
Pont Aristide Briand

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Commentaires : 2
  • #1

    Thierry (dimanche, 18 décembre 2011 19:23)

    Passionnant ce reportage photographique.
    J'aime moi aussi comparer des endroits entre hier et aujourd'hui.
    Les GI sur le pont derriére le parapet par exemple me touche particuliérement bien que ce soit la photo de la loco accidentée qui me fit découvrir cette page.

    Bien à vous,
    Th.P.

  • #2

    Mathieu (samedi, 23 février 2013 21:48)

    excellente page, très intéressante !