Les fours à chaux de la rue de l’Epine.

En 1837, Joseph Berset de Vaufleury dépose en Préfecture une demande d’autorisation de construction d’un four à chaux, alimenté au charbon, dans le champ du Portail, rue de l’Epine. La construction d’un second four est accordé en 1840.

Les fours, exploités par Victor Berset de Vaufleury puis par la Société des mines de la Mayenne et de la Sarthe, sont restés en activité jusqu’au début du XXème siècle.

Il existait également trois fours à chaux au Gué d'Orger exploités par Pierre Gerbault. La famille du navigateur possédait plusieurs fours dans la région (Saint Berthevin, Louverné…).

La chaux était utilisée pour l’amendement des terres mais également pour assainir les granges, les étables, les écuries, les murs des fermeset parfois même des maisons car celle-ci éliminait microbes et bactéries.

Les fours, une cuve en briques réfractaires recouverte d’une façade en pierre, étaient construits par des maçons locaux. Dans le four à chaux, on alternait une couche de charbon, une couche de calcaire concassé, une couche de charbon et ainsi de suite. Le chargement se faisait par le haut du four, "le gueulard". Les pierres calcaires étaient transportées par chariots depuis les carrières de Grenoux et du Bourny.

Lorsque la cheminée était pleine, on y mettait le feu, celui-ci ne devait plus s’éteindre. La cuisson pouvait durer deux mois. Aussi la charge de pierres et de combustible devait être renouvelée constamment. Dans les fours, la roche atteignait une température d’environ 900 °.

Le chaufournier défournait la chaux par deux ouvertures à la base du four, "les ouvreaux".

Le chaulage a rapidement donné des résultats mais son abus a vite saturé le sol.

" La chaux enrichit le père mais appauvrit le fils ! "

On revint donc à l’utilisation du fumier puis, à partir de 1880, aux engrais (nitrate et potasse).

On peut apercevoir les tours des four à chaux, servant de "fondation" à une maison particulière, depuis la rue de l’Epine ou de la rue du Ponceau.