Ernée (1/2).

L’Hôtel de Ville.

L’Hôtel de Ville est dû à l’initiative de Monsieur Constant Martin, maire d’Ernée de 1907 à 1959, afin de remplacer l’ancienne mairie installée depuis plus d’un siècle dans l’actuel syndicat d’initiative et musée. Un projet de construction est approuvé par le conseil municipal du 12 décembre 1908, les travaux débutent en 1912, la mairie est inaugurée le 28 mai 1922.

De nombreuses sculptures ont été réalisées par le sculpteur Gottereau, du Mans : fronton, frises, corniches, rosaces de plafond, escalier, salle du conseil, salon des mariages...

La salle Constant-Martin.

Le projet de construction d'une salle des fêtes, sur un terrain légué à la ville par Louis Hatte, est adopté en 1905 par le conseil municipal. La salle des fêtes est inaugurée le 1 février 1911. 

Ce bâtiment, associant le granite de Louvigné-du-Désert, la brique de La Baconnière et la fonte, est représentatif de l'architecture des années 1870. Couvert d'un toit à faible pente, l'édifice comprend deux niveaux. Le rez-de-chaussée est surplombé d'une galerie protégée par une rambarde en bois. Les peintures du plafond ont été exécutées par Gaston Muller, décorateur au Mans.

L’Epi (1993), sculpture qui trône au milieu de la place, est l’œuvre du sculpteur ernéen Louis Derbré.

L'Epi, sculpture de Louis Derbré (1993)
L'Epi, sculpture de Louis Derbré (1993)

Le musée municipal.

Le musée municipal est installé dans l’ancienne mairie d’Ernée, au-dessus de l'Office de Tourisme. Il rassemble les pièces données par les frères Delaunay, historiens de la ville et du pays d’Ernée. La collection contient des pièces de monnaie et des tuiles de l’époque gallo-romaine provenant du site de la Boissière à Ernée, des haches de bronze, des grattoirs…

Haches à douille.

Ces haches à douille, datant de la fin de l’âge de bronze (- 1200 à - 750), sont creuses mais n’ont jamais été emmanchées ; le noyau d’argile utilisé pour obtenir un objet creux est parfois resté dans la douille. Elles ont été découvertes à Saint-Mars-sur-la-Futaie en 1908. Il s’agit de haches miniatures en alliage de cuivre et de plomb. On suppose qu’elles ont été utilisées lors d’échange pour servir de monnaie.

L’église Notre-Dame de l’Assomption.

En 1686, l'église de Charné étant jugée "considérablement éloignée de la ville d'Ernée" par les habitants, Armand-Charles de la Porte de la Meilleraye, devenu duc de Mazarin par alliance avec la nièce du cardinal Mazarin, donne l’emplacement de son château pour la construction d’une nouvelle église. Le château, élevé au Xème siècle pour arrêter les invasions bretonnes, a été démoli en 1588. Ses pierres serviront à la construction de l'église Notre-Dame de l’Assomption.

L’église, construite d'après les plans de l'architecte Gruze, est consacrée le 29 juin 1697 par Monseigneur de Tressan, évêque du Mans. A l'initiative du chanoine Lefèvre, son petit clocher d’origine est remplacé par le clocher actuel en 1875 pour la somme de 80 000 francs. Œuvre de l'architecte Hawke, il s'élève à 50 mètres.

L'intérieur de l'église.

Malgré ses nombreux vitraux, l’intérieur de l’église est très sombre. La voûte basse en lambris est soutenue par 12 piliers.

Le chemin de croix a été réalisé par Raymond Dubois, sculpteur ernéen, dont il signe la XIVème station.

Sur le dossier de la stalle centrale sont sculptés Notre-Dame de Charné, les trois sifflets des armes de la ville et la devise "Utrique fidelis".

Une balustrade fut posée en 1764 à l'autel de l'Ecce Homo.

Saint Ernée (1864).
Saint Ernée (1864).

Baptistère.

L'Homme nouveau et les fonts baptismaux en bronze ont été réalisés par le sculpteur Louis Derbré en 1965. Le baptistère, situé dans le transept gauche, est éclairé par un vitrail représentant le baptême de Jésus-Christ.

Le maître-autel (XVIIIème siècle).

Le maître-autel en marbre, du XVIIIème siècle, provenant de l'abbaye de Fontaine-Daniel, a été classé MH le 10 décembre 1910. Un mécanisme électrique permet d’ouvrir la table de l’autel pour laisser apparaître un retable. L’autel a été déplacé au centre du chœur en 1960.

Le presbytère.

L'ancien hôpital.

Vers 1250, une Maison-Dieu, abritant une chapelle dédiée à saint Antoine, est fondée par les habitants pour les soins des voyageurs indigents.

A partir de 1677, sous la bienveillance du duc de Mazarin, l’établissement prend de l’importance et devient un hôpital pour les Ernéens indigents, les faux-saulniers de la prison et les agents de la gabelle.

La chapelle actuelle date de 1778. Le bâtiment à l’est, datant du XVIIIème siècle, est occupé depuis 1819 par les religieuses hospitalières de Saint-Joseph.

Le bas-relief, représentant saint Georges, provient de la chapelle de la maladrerie Saint-Georges qui se trouvait à l’entrée de la ville, sur la route de Vitré. On y soigna les lépreux jusqu’en 1700. 

En 1977, un nouvel hôpital est construit dans la ville.

Couvent des Dames Bénédictines.

En 1631, les religieuses bénédictines reçoivent l'autorisation, de Charles de Beaumanoir, évêque du Mans, de créer une communauté à Ernée sur un terrain donné par Pierre du Bailleul, seigneur de Belle-Plante. Le couvent comprenait une chapelle, un cimetière, une salle capitulaire (le bâtiment de pierres, récemment restauré) et l'abbaye. En 1678, fut créé le premier pensionnat pour l'éducation des jeunes filles de la bourgeoisie. La nouvelle chapelle, construite en 1780, ferma en 1792 et fut démolie en 1999.

En 1789, le domaine fut saisi et les religieuses chassées. En 1792, les premières élections municipales eurent lieu dans l'abbaye ; l'avocat Quantin devint maire d'Ernée. En mars 1793, C'est là que siégea la commission révolutionnaire présidée par Clément, juge de paix. Certaines de ses victimes furent internées dans les cellules des religieuses avant d'être guillotinées.

Les biens, saisis par la nation, furent morcelés et vendus le 10 août 1795.

La Miséricorde.

Cette propriété appartenait à la famille Aubin de la Messuzière. La date de 1724 est gravée sur les armoiries.

Les sœurs de la Miséricorde, arrivées à Ernée en 1877, occupèrent la chapelle jusqu'en 1965.

Les dépendances servirent de prison complémentaire pendant la Révolution et la guillotine fut installée non loin de cette chapelle, sur l'actuelle place de la mairie. Au cours de la Terreur, la messe était célébrée clandestinement dans une salle souterraine, maintenant murée, située au sud du jardin de la communauté.

Aujourd’hui, les bâtiments abritent l'école de musique.

Ancienne usine de chaussures.

Autrefois, la région d’Ernée comptait une industrie textile (lin et chanvre). Dans les années 1830, suite à la concurrence du coton des États-Unis, cette industrie s’effondre. Pour échapper à cette crise, Fougères développe l’industrie de la chaussure. En 1892, Vital Gallard installe la première manufacture de chaussures à Ernée. En 1899, la ville compte six manufactures. Au début du XXème siècle, près de mille "chaussonniers" travaillent dans ce secteur. L’activité de la chaussure commence à décliner après la Seconde Guerre mondiale.

En 1909, deux ans avant son décès, Vital Gallard confie la société à ses deux fils, Vital et Georges.

En 1913, Vital fils cède ses droits à son frère. Quelques mois plus tard, Georges vend l’entreprise à son beau-père, Monsieur Gesbert qui s’associe à Jean Vallée.

En 1926, au décès de M. Gesbert, Jean Vallée exploite seul l’entreprise jusqu’à son propre décès en 1943.

Place de la Poste.

Sculpture de Louis Derbré: La Maternité (1995).

Espace culturel le Clair de Lune.

Cette statue en bronze de 5 mètres de haut, intitulée "Le Clair de Lune", est l’œuvre du sculpteur Louis Derbré. Elle a été commandée par la mairie d’Ernée et installée devant la salle de l’espace culturel du Clair de Lune en septembre 2007.

La Communauté de Commune.

Située dans le Parc d’Activtés de "La Querminais", route de Laval, la Maison de Pays siège de la Communauté de Communes de l’Ernée a été inaugurée le 11 juillet 2003. Elle est ornée d’une œuvre de Louis Derbré, La Construction.

Louis Derrbré - La mer (2008) - Devant la Corderie Lancelin.

La Mer, réalisée en 2008 par Louis Derbré en collaboration avec Isabelle Coupeau, se trouve devant la Corderie Henri Lancelin, rue Alain Colas.

La Charcuterie Moderne - 14 rue Nationale.

Cette ancienne devanture en mosaïque a été réalisée par les Etablissements Lebert de Tours. Les Etablissements Lebert, qui fournissaient du matériel pour les boucheries et charcuteries sur l'ensemble du territoire français, connurent plusieurs appellations : quincaillerie Lebert, de 1890 à 1902 - maison de fourniture pour boucheries et charcuteries Lebert, de 1902 à 1942 - SARL Lebert, de 1942 à 1965.

Château de la Guinefolle.

Au XVIIIème, la Guinefolle était un fief de l'abbaye de Savigny. Le cadastre de 1812 recense déjà le parc, comme étant la propriété de la famille Le Bail. Depuis 2005, les descendants des Le Bail ont développé et ouvert au public le parc à l'anglaise du château. Il existe toujours un lavoir, dans le parc, le long de l’Ernée.

L'Espace Louis Derbré.

Louis Derbré est né le 16 novembre 1925 à La Gandonnière à Montenay. A douze ans, il arrête ses études et, jusqu'à l'âge de 19 ans, travaille dans la ferme de ses parents à Ernée.

En 1945, après son mariage, il part pour Paris et s'engage comme manoeuvre dans une maison d'édition d'art. Il y rencontre des étudiants des Beaux-Arts et sculpte l'un d'entre eux, le peintre hollandais Werschürr.

Sa sculpture, exposée à la mairie d'Ernée en 1950, obtient le prix Fénéon en 1951.

En 1953, il obtient le prix national de l'école des Beau-Arts.

En 1962, il se révèle au grand public en participant à une exposition "Rodin, Maillol, Derbré".

En 1972, il érige La Terre, à Tokyo, bronze de 9 mètres de hauteur dont la réplique s'élève au quartier de la Défense à Paris.

En 1997, il érige à Hiroshima 6 sculptures monumentales de 5 mètres de hauteur pour le mémorial de la Paix: L'Espoir, Le Courage, L'Avenir, La Joie, La Tolérance et La Construction.

En 1989, Louis Derbré s'installe à Ernée où il a sa fonderie d'art.

En 1991, il crée "l'espace Louis Derbré" comprenant un lieu d'exposition et un centre de formation pour de jeunes apprentis stagiaires.

L'Avenir, la Tolérance et la Joie  (1996)
L'Avenir, la Tolérance et la Joie (1996)
L'Avenir (1996)
L'Avenir (1996)
La Tolérance (1996)
La Tolérance (1996)
La Joie (1996)
La Joie (1996)
L'Espoir (1996)
L'Espoir (1996)
La Roche  (1980)
La Roche (1980)
Le Mythe (1995)
Le Mythe (1995)
Le Trot (2000) -  La Chouette (1997)
Le Trot (2000) - La Chouette (1997)
Le Gardien (2000)
Le Gardien (2000)
Le Gardien (2000)
Le Gardien (2000)
Toulouse Lautrec (2005)
Toulouse Lautrec (2005)
Le Prophète (2008)
Le Prophète (2008)

Monogrammes et millésimes.

1639.
1639.
1639.
1639.
1729.
1729.
1741.
1741.
1783.
1783.
1808.
1808.
1808 (porte) et 1809 (balcon).
1808 (porte) et 1809 (balcon).
Monogramme : P G 1822
Monogramme : P G 1822

Petits patrimoines et détails architecturaux.

coquille Saint-Jacques sur imposte.
coquille Saint-Jacques sur imposte.
Balcon en fer forgé, en angle.
Balcon en fer forgé, en angle.
P Foucault, plâtrier.
P Foucault, plâtrier.

Fresque murale "Paix, justice et sauvegarde de la création".

Dans le cadre du jumelage Ernée-Dorsten, une peinture murale a été réalisée sur le thème de "la paix, la joie, la tolérance et la sauvegarde de la nature". Une quarantaine de jeunes allemands et français, guidés par une artiste allemande, Gisela Paul, ont peint un mur situé Avenue du Général de Gaulle, près de la salle Clair de Lune.

Cette fresque, effectuée sous le patronage de l’UNESCO, a été inaugurée en juillet 2009, en présence du Maire d’Ernée et de monsieur Louis Derbré.