Ernée, la chapelle Notre-Dame de Charné.

Notre-Dame de Charnée est située sur la commune d'Ernée, au carrefour de deux voies romaines ; l’une, nord-sud, allant de Mortain à l’ouest de Laval, l’autre est-ouest, allant de Jublains à Courseul.

Au VIème siècle, la région fut évangélisée par de nombreux ermites, dont, sans doute, Saint Ernée qui mourut en 560 et qui fut enterré à Céaucé. Un petit oratoire dédié à la Vierge existait probablement à Charné à cette époque.

Le plus ancien document dans lequel il est fait mention d'une église dédiée à la Sainte Vierge date de 1150.

L’édifice actuel remonte au XIIIème siècle. Il n’en subsiste que le chœur et le transept. La nef, dont on ignore la longueur, s'avançait alors vers l'ouest.

Au XVIème siècle, on ajoute la chapelle sud et en 1591 le seigneur de Panard fait construire la chapelle nord, symétrique à la première.

En 1687, Ernée se dote d'une nouvelle église, Charné perd alors son titre d'église paroissiale. Afin de faire cesser les revendications des partisans de la chapelle, une ordonnance de l’évêque du Mans, en date du 3 mai 1697, ordonne la destruction de la nef. Une seconde ordonnance, du 3 juillet 1697, permit aux habitants de se servir des pierres de la chapelle pour finir de la nouvelle église.

En 1773 le grand vicaire menace d’interdire le lieu au culte. En effet les paroissiens continuent de l’orner et de le restaurer.

En 1793, la chapelle est fermée. Son entrée est gardée pour en empêcher l'accès.

Le 24 juillet 1796, la chapelle et son cimetière sont vendus comme « bien national ». Jean-Baptiste Nicolaïs, bien que membre du Comité Révolutionnaire, cacha la statue dans un tonneau de sa cave où elle resta jusqu'en 1800.

Deux propriétaires successifs tentèrent de la démolir mais ils n'y parvinrent pas tant fut grande l'hostilité des Ernéens. Menaçant ruine, elle fut mise une troisième fois en vente en 1807.

Le 18 janvier 1808, la chapelle est achetée par une humble domestique, Anne Vauloup qui offrit toutes ses économies et obtint un acompte sur ses gages. Elle fit même la quête à Ernée et aux environs.

Anne Vauloup offrit la chapelle au Bureau de Bienfaisance de la ville à condition qu’elle reste à l'usage du culte catholique. Elle demanda également une place au cimetière où elle repose, face à l'entrée ouest de la chapelle. Une rue voisine de la ville porte son nom.

Des peintures murales Renaissance sont encore visibles dans le transept nord.

Le retable de la Vierge.

Le retable de la Vierge, ancien retable du maître-autel, a été offert par le curé Jehan de Mégaudais, fils du seigneur de Pannard, en 1606. En 1860, lors de la réfection du chœur, il est transféré dans le transept nord, on y ajoute alors un autel de marbre. La statue en chêne de Notre Dame, haute de 1 m 30, daterait du XIIIème siècle. Marie tient dans la main le sceptre, symbole de puissance, et Jésus, la croix sur le globe terrestre, symbole de royauté et de rédemption.

Les retables des chapelles proviennent de l'abbaye de Fontaine-Daniel.

Saint Ernée.

Saint Ernée était un prêtre missionnaire originaire d’Aquitaine. Il s’installa à Ceaucé (Orne) où il construisit un oratoire dédié à saint Martin. Puis, autour, il fit élever un monastère qui compta bientôt 30 religieux. Un jour, Ernée prédit à Clotaire, roi de toute la Gaule, sa victoire sur les rebelles menés par son fils Chramme. En reconnaissance, Clotaire fit des dons considérables à Ernée et lui offrit plusieurs domaines. Ernée mena une vie d’ascète, se nourrissant de pain et d’eau. Il mourut en 560 et fut enterré dans l’église qu’il avait fait bâtir à Ceaucé.

Les vitraux.

L V Gesta, maître-verrier à Toulouse.
L V Gesta, maître-verrier à Toulouse.

Cette verrière a été inaugurée en l'an de grâce 1884

Mr L'abbé Billion étant archiprêtre d'Ernée

Peint par Charlemagne à Toulouse.

Vitrail évoquant différents pèlerinages (30 septembre 1934).

Au XVIIème siècle, on venait de tous les environs rendre un culte à Notre-Dame à Charné.

Le pèlerinage de la Chapelle-Janson.

En 1676, les habitants de la Chapelle-Janson connurent une épidémie qui causa le décès de 160 personnes en trois mois sur une population de 1600 habitants. Les habitants firent le voeu de se rendre chaque année en procession jusqu’à la chapelle de Charné. L’épidémie cessa rapidement. Pendant deux siècles, chaque année, les pèlerins de La Chapelle-Janson organisaient une procession depuis le quartier de Chauffour jusqu’à la chapelle pour remercier la Vierge d'avoir arrêté le fléau. 

Incendie rue Amiral Courbet.

En 1750, un incendie se déclare Rue Neuve et menace une partie de la ville. Les habitants du quartier invoquent Notre-Dame de Charné et les flammes s'apaisent. Sur la façade d'une des maisons, une statuette de Notre Dame marque l'endroit du sinistre et porte l'inscription : "Marie, notre Mère, sauva d’un incendie".

Montenay.

En été 1862, sur la Paroisse de Montenay eut lieu une invasion de vers blancs, qui menaçaient les récoltes. Après avoir tout essayé, les habitants eurent recours à la Vierge de Charné et aussitôt le fléau disparut.

Saint-Pierre-des-Landes.

En 1862, une épidémie de croup ravagea la commune de Saint-Pierre-des-Landes. Le 31 mai, environ 1200 pèlerins se rendirent à Charné, certains nu-pieds, sous une pluie battante. L’épidémie cessa alors qu’aucun traitement efficace n’existait à l’époque.

Le cimetière.

Le cimetière qui entoure la chapelle est classé, il contient d’anciennes tombes datant des XVIIIème et XIXème siècle.

La tombe d’Anne Vauloup se trouve face à l'entrée ouest de la chapelle.

A l’intérieur de la chapelle reposent les corps des victimes de la Révolution, guillotinées à Ernée.

" ICI REPOSENT

36 MALHEUREUSES VICTIMES

DE LA REVOLUTION

EXECUTEES EN MARS 1794

INHUMEES DANS CETTE CHAPELLE

LE 16 JUILLET 1814.

PRO DEO ET REGE SEMPER FIDELIS "

Tombe de Jean Armand Emmanuel Comte de Hercé et de Marie Anne Valentine le Cardinal de Kernier Comtesse de Hercé.
Tombe de Jean Armand Emmanuel Comte de Hercé et de Marie Anne Valentine le Cardinal de Kernier Comtesse de Hercé.
Tombe d'Anne Vauloup.
Tombe d'Anne Vauloup.