Lassay-les-Châteaux.

La commune de Lassay-les-Châteaux est créée en 1973, par fusion des communes de La Baroche-Gondouin, Lassay et Melleray-la-Vallée. En 1974, elle absorbe également l'ancienne commune de Niort-la-Fontaine.

Cette Petite Cité de Caractère s'illustre avant tout par ses trois châteaux médiévaux qui se dressent sur son territoire.

Château de Lassay (1458).

Le château de Lassay s'élève sur un éperon granitique naturellement défensif.

Le vieux château datant du XIIème siècle, composé d'un donjon en pierre et d'une enceinte de palissades devancée de fossés, fut démoli durant la guerre de Cent Ans. Il est reconstruit en une année vers 1458. L’enceinte est renforcée de huit tours et l’entrée est protégée par une puissante barbacane. Le château, en excellent état, est habité par ses propriétaires. A proximité se trouve la chapelle.

Notre-Dame-du-Rocher (XIème siècle).

Notre-Dame-du-Rocher est l'ancienne chapelle du château. Elle renferme des fresques du XIVème siècle, mis à jour en 1962, représentant "l'enfer" d'un jugement dernier et "les lamentations" d'une mise au tombeau. Pendant la Révolution, la chapelle devient Temple de la Raison et perd ses trois autels puis elle sert de Tribunal Révolutionnaire en 1793 et de magasin de fourrage jusqu’en 1802. Elle devient église paroissiale de 1802 à 1862. Aujourd’hui, elle est utilisée pour des expositions.

La Conciergerie.

Cette conciergerie, construite au XIVème siècle, a servi de prison municipale.

En 1747, Léon de Madaillan, seigneur de Lassay, l’offre aux Sœurs de la Congrégation d’Evron, à charge pour elles « d’instruire la jeunesse… d’avoir soien des pauvres et savoir seigner, entretenir une apotiquaire… ».

Pendant la Révolution, elle a vu passer de nombreux condamnés à mort dont Françoise Gandriau, la "petite Emigrée" âgée de 18 ans, jugée par Volclerc, prêtre apostat et maire.

L’escalier adjacent est un escalier de cavalerie du XIVème siècle.

La tombe de la " Petite Emigrée ".

Françoise Gandriau, dit la Petite Emigrée, avait suivi ses maîtres au cours de la Virée de Galerne. Séparée d'eux, elle est recueillie par l'ancien maire du Ribay. Dénoncée puis arrêtée le 2 février 1794, elle est condamnée à mort le 7 mars et exécutée le lendemain.

Plusieurs guérisons inexpliquées ayant été constatées, sa tombe a fait l'objet d'un véritable culte au XIXème siècle. Les enfants ayant des difficultés à marcher faisaient le tour de l'édifice à l'aide de béquilles. Les béquilles assemblées en croix étaient ensuite déposées sur la tombe.

L'oratoire dit de "la petite Emigrée" est un monument construit en 1880 en remplacement d'un oratoire de bois détruit par le feu, il se trouve dans un champ au milieu des vaches et des chevaux.

La mairie (1910).

Au fronton de l’édifice, le blason de la ville, connu depuis le XVIIIème siècle, porte le caducée du commerce, activité longtemps prospère dans la cité. A l’origine, une grille à portillon protégeait l’entrée. Elle a été enlevée lors d’une rénovation du péristyle qui, clos de vitres, ménage un espace d’accueil plus approprié. Le clocheton sur le toit est désormais doté de la sirène d’alerte des pompiers.

Maison du Bailly - XVIème siècle.

Située dans la Grande-Rue, cette maison est la plus ancienne du bourg. D'aspect assez austère côté rue, sa façade arrière, qui donne sur la roseraie publique, présente des murs décalés percés de grandes fenêtres. Elle est coiffée, à trois niveaux différents, de toits d'ardoises à forte pente.

Elle a été la résidence des baillis, agents du roi aux fonctions administratives et judiciaires, dont Gilles de Logé au début du XVIIème siècle, et Macé Le Goué qui oeuvra à la venue des religieuses Bénédictines.
Longtemps flanqué d'un garage public et d'un café, le bâtiment retrouve son aspect d'origine en 1973.

Couvent des Bénédictines Notre-Dame-des-Grâces (XVIIème siècle).

Fondé en 1631, sur le lieu-dit de Montaigu par Jeanne de la Crossonnière, le monastère abritait une école de jeunes filles et de « grandes pensionnaires » enfermées par lettres de cachet.

Le couvent fut pillé et les religieuses rendues à la vie civile le 2 avril 1792.

En 1807, la Municipalité installe dans le couvent la Justice de Paix, un hospice et un pensionnat puis, en 1820, un collège.

Aujourd’hui, ce bâtiment abrite une école publique et la médiathèque.

L’église Saint-Fraimbault.

L’église de Lassay a été construite par l’architecte Godin en 1859 en remplacement de l’ancienne chapelle du couvent des Bénédictines. Elle fut consacrée le 29 septembre 1863 par Monseigneur Wicart.

Des peintures sur toiles, œuvres de l’artiste manceau A Lefeuvre, occupent le pourtour du chœur. Elles illustrent la vie de saint Fraimbault, ermite du VIème siècle.

Notre-Dame-du-Rocher.

Cette Vierge à l’Enfant en bois du XVIème siècle provient de l’ancienne chapelle du château. Des médailles militaires, offertes par des combattants de la Première Guerre mondiale, étaient accrochées sur les deux panneaux latéraux. Elles ont toutes été volées en 1980.

Les fonts baptismaux.

Les fonts baptismaux en marbre gris du XVIIème siècle proviennent probablement de l’ancienne chapelle du château.

Grenier à sel.

Construite au XIVème siècle, cette ancienne perception royale était administrée par l'Officier des gabelles qui percevait l'impôt sur le sel, élément essentiel de la conservation des aliments.

L'édifice est agrandi au XVIIème siècle pour accueillir les ballots de tabac dont l'Etat avait le monopole.

Dans la nuit du 5 au 6 août 1789, environ 2000 émeutiers tentent de le piller : il furent dispersés par le régiment "Royal - Roussillon" et la prévôté.

Avec le château, il fut vendu comme bien national le 27 Brumaire, an VII (1797).

Tour Carrée.

Le logis, construit à la fin du XVème siècle, est pourvu de fenêtres à meneaux et d'une échauguette soutenue par un buste d'Hercule. La tour date du XVIIème siècle.

Un linteau sculpté, du XIVème siècle, présente l’agneau de Dieu, avec croix et fanion, encadré par deux chiens à collier. Il est probable qu'il provienne de récupérations opérées au XVIIIème siècle dans les ruines du château du Bois-Froust. Les deux chiens symbolisant la puissance d'un seigneur dévoué à l'hommage et à la défense de la religion chrétienne.

Ancienne échoppe.

Le jardin médiéval.

Ce jardin, d’inspiration médiévale, dessiné par Thierry Jourd'Heuil, a été ouvert en 2001. Il est partagé en quatre parties : le tapis vert qui contient pelouse, plantes vivaces et treillage de charme puis le verger vient ensuite le jardin des simples complété par une fontaine et enfin le Bosquet agrémenté de chêne vert, acanthe, osmanthe…

Maison marchande du XVème siècle.

Cette maison, construite au XVème siècle témoigne de la richesse de la cité marchande (chanvre, lin des Flandres et de Picardie).

Les sculptures ont été récupérées sur un autre édifice. Le joueur de biniou est un fleuron (épi de faîtage) ; les chimères représentent l'une un griffon et l'autre un dragon, animaux mythiques et légendaires des XIIIème et XIVème siècles.

Auberge du Cheval-Blanc (XIVème siècle).

Les pièces en encorbellement du XVème siècle sont crées par la sortie de solives du plancher. Ce procédé permet un surplomb très prononcé de l’étage.

Le 20 juin 1836, Victor Hugo et Juliette Drouet se voient refuser l'entrée du château par un majordome qui les prend pour des vagabonds. Ils vont donc passer la nuit en centre ville, au "Cheval Blanc".

Maison à échauguette.

Maison construite au XIVème siècle. L’échauguette, surmontée d’un toit d'ardoises en poivrière, à charpente en contre courbe, date du XVIIème siècle. Elle a été construite pour abriter un cabinet de toilette.

La rue Cébaudière.

Autrefois, l’axe principal est-ouest était la rue Cébaudière qui menait au champ de foire, au cimetière et à la route de Couterne. Cette rue à caniveau médian débute en passant sous une maison du XVIIIème siècle. Sous le passage, une plaque de marbre en souvenir de Françoise Gandriau, guillotinée le 7 mars 1794, est fixée au mur.

Un peu plus loin sur la droite, une ancienne échoppe, construite en 1782, a conservé ses étals.

Gué sur le Lassay.

En face de la rue Cébaudière, une ruelle pentue, qu'enjambent les quatre étages d'une maison, descend jusqu'au Lassay. Au bout de la ruelle, un gué permet de franchir le ruisseau et d'accéder à l'étang.

Ancien Hôtel du Grand Turc - 1766 à 1790.

Sur la Place de la Pointe, ce bâtiment construit en 1766 et surélevé en 1790, était autrefois l’Hôtel du Grand Turc. Des Turcs ont vécu à Lassay, surtout des femmes et des enfants que le seigneur Armand de Madaillan sauva du massacre, lors du siège de Neuhausel en 1685.

Du premier étage de cet hôtel, Volclerc, ancien prêtre apostat et accusateur public, assistait au exécutions capitales de 1794.

Aujourd’hui ce bâtiment est occupé partiellement par l’Office de Tourisme.

Les enseignes.

La plupart des commerçants arbore une enseigne, certaines sont très originales.

La Roseraie.

Dans l'ancien pré du Couvent des Bénédictines, le Conservatoire Municipal de Roses Botaniques parfume la ville de mai à octobre, avec ses trois cents variétés de rosiers anciens dont les origines proviennent de différentes régions du globe.

Ancienne auberge (1707) - 18 rue Saint-Sauveur.

Sur le linteau de la porte de cette maison sont gravés :  sa date de fondation (1707) encadrée par deux verres à pied qui symbolisent sa destination première et, aux extrémités, les lettres "JU" et "GO". Ce sont les initiales du premier aubergiste, Julien Gonnet, époux de Véronique le Bailly, qui lui donna deux fils, Julien et Joseph, ordonnés prêtres respectivement en 1758 et 1761.

Notre-Dame-des-Victoires.
Située à proximité immédiate du jardin médiéval, cette Vierge à l'Enfant porte l’inscription "Notre-Dame-des-Victoires - 22 août 1920".

Le cimetière.

Croix du cimetière (1720).
Croix du cimetière (1720).

Le monument aux morts.

Les lavoirs.

Lassay-les-Châteaux aurait pu s’appeler "Lassay-les-Lavoirs" tant il y en avait autrefois en ville, au bord du ruisseau le "Lassay". La plupart était privée et installée au bout du jardin. Il y avait également des lavoirs publics. L’un d'entre eux est toujours utilisé.

Le carrosse, boîte en bois qui, parfois rembourré avec de la paille ou des chiffons, permettait à la lavandière de se mettre à genoux.

Château du Bois-Froult – XVIème siècle.

Les vestiges parvenus jusqu'à nous sont ceux d’une construction vraisemblablement postérieure à 1590, date du mariage de Jean de Madaillan avec Judith de Chauvigné, dame de Bois-Froult.

Le marquis de Lassay donne en 1769, cette description : "J'ai au Bois-Froul, manoir, maison, écurie, quatre tours aux coins de la principale cour, une fontaine avec jet d'eau au milieu de ladite cour close de murailles, et pont-levis à l'entrée et en partie entourée de douves ; autre cour d'entrée, aussi close de murailles ; deux porteaux d'entrée et de sortie ; ma chapelle fondée de Sainte-Anne, placée au bout de la cour ; trois petites tours proches desdits porteaux, une terrasse au-dessous plantée d'espaliers, un pigeonnier et le colombier à six piliers ..."

Les ruines se trouvent dans un champ occupé par les animaux de la ferme voisine.

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Commentaires : 1
  • #1

    zannier (mercredi, 06 mars 2013 16:10)

    Un seul mot : magnifique !