Mayenne (1/4).

La basilique Notre-Dame des Miracles.

La basilique Notre-Dame, édifiée sur un éperon rocheux, probablement à l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à sainte Anne, est un édifice dont la construction s’échelonne sur neuf siècles.

La partie la plus ancienne, la façade flanquée d’une tour d’escalier et les piliers de la nef, date du XIème siècle.

Le transept, avec ses piliers Renaissance, est ajouté au XVème siècle.

L’église sera pillée quatre fois par les protestants durant les guerres de Religion. En 1562, on boucha portes et vitres de Notre-Dame "par crainte que l’on avait de ceux de la nouvelle religion".

Les bas-côtés sont ajoutés entre 1635 et 1688 avec réemploi de pierres tombales mérovingiennes dans les bases du mur sud. Le clocher en ardoise, surmonté d’une lanterne, a été construit en 1685. Il abrite 5 cloches dont un bourdon de plusieurs tonnes.

Pendant la Terreur, l’édifice devient le temple de la Raison puis est utilisé comme salle de réunion par les Sans-Culottes. Le culte y est restauré le 16 mai 1803.

Un nouveau chœur, comportant un déambulatoire et sept chapelles rayonnantes, est bâti entre 1864 et 1890. Un imposant escalier donnant à la porte Jeanne d’Arc est édifié en 1896.

L’église est élevée au rang de basilique le 14 octobre 1900.

Le bombardement du 8 juin 1944 ayant détruit des voûtes, les vitraux, les peintures murales du chœur et une grande partie du mobilier, l’église est fermée pendant 13 ans.

Réemploi de dalles funéraires dans le mur sud.
Réemploi de dalles funéraires dans le mur sud.
Repère de nivellement sur la basilique.
Repère de nivellement sur la basilique.

La porte Jeanne d'Arc.

L'escalier donnant à la porte Jeanne d’Arc, autrefois porte Sainte Anne, a été édifié en 1896. La statue de jeanne d'Arc est signée Delin Frères, fabricant de statues à Paris.

L'intérieur de la basilique.

Porte donnant accès à la tourelle.
Porte donnant accès à la tourelle.
Réemploi d'un devant d'autel aux armes de la famille Bazoge.
Réemploi d'un devant d'autel aux armes de la famille Bazoge.
Le chœur, en tuffeau blanc, contraste avec le reste de l’église.
Le chœur, en tuffeau blanc, contraste avec le reste de l’église.
Le blason de la ville de Mayenne (de gueules aux six écus d'or ordonnés 3, 2 et 1) sur la voûte du choeur.
Le blason de la ville de Mayenne (de gueules aux six écus d'or ordonnés 3, 2 et 1) sur la voûte du choeur.
Le pavillon, un des deux emblèmes distinctifs, avec le tintinnabule, de la basilique.
Le pavillon, un des deux emblèmes distinctifs, avec le tintinnabule, de la basilique.
L’orgue, inauguré le 5 octobre 1997.  L’ancien orgue, datant de 1637, fut brisé à la Révolution.
L’orgue, inauguré le 5 octobre 1997. L’ancien orgue, datant de 1637, fut brisé à la Révolution.
"La multiplication des pains" tapisserie péruvienne.
"La multiplication des pains" tapisserie péruvienne.

Notre-Dame des Miracles.

Vers 1630, un cavalier frappa à la porte du monastère des Calvairiennes et remit un cadeau de la part de son maître, une statuette de la Vierge à l'Enfant, avec le message "Pleurez mais espérez". Les religieuses installèrent la Vierge dans la chapelle et la prièrent avec ferveur. Peu de temps après, des dons vinrent au secours des religieuses. On donna alors à cette statuette le nom de Notre-Dame des Miracles.

En 1792, pendant la Révolution, la statuette est cachée par trois anciennes élèves, les sœurs Lemesnager. Elle est remise à la paroisse Notre-Dame en 1897 par la famille.

Epargnée au cours du bombardement de 1945, la statuette fut mise en lieu sûr pendant les travaux de reconstruction.

Depuis août 2004, c’est une sculpture d’Alain Legros, en bois polychrome, qui est présentée dans une des chapelles rayonnantes.

Les vitraux de la basilique.

Lors du bombardement du 8 juin 1944, tous les vitraux ont volé en éclats :

- trois verrières du XVIème siècle, le Prophète Jérémie, le Prophète Salomon et le Couronnement de la Vierge, dues à Simon et David de Heemsee, peintres verriers d'origine flamande, établis à Moulay de 1543 à 1567.

- des vitraux dus au maître verrier Charles Champigneulle fils de Paris (1853 - 1905). Une description en est faite dans le livre de J Raulin Les vitraux nouveaux de l’église Notre-Dame de Mayenne (1894).

Les vitraux actuels ont été dessinés par Maurice Rocher et réalisés par les ateliers Barillet de Paris. Ils ont été posés entre 1952 et 1962.

Triptyque évoquant les mystères joyeux (au centre), douloureux (à gauche) et glorieux (à droite) de la vie du Christ et de la Vierge Marie
Triptyque évoquant les mystères joyeux (au centre), douloureux (à gauche) et glorieux (à droite) de la vie du Christ et de la Vierge Marie
Assomption de Marie
Assomption de Marie
Saint Bernard
Saint Bernard
Saint Vincent de Paul.
Saint Vincent de Paul.
Pie X.
Pie X.
L'arbre de Jessé
L'arbre de Jessé

Le château.

Un premier lieu fortifié et une petite église sont érigés au VIIème siècle non loin du gué Saint-Léonard, situé sur la voie romaine reliant Jublains à Avranches. Mayenne va se développer autour de son château et de son église.

Fondation du château autour de 900.

Construction du donjon au XIIIème.

1825 - 1828 Agrandissement du château côté sud et création du grand escalier.

Le bâtiment sert de prison de 1745 à 1936.

En 2003, Philippe Madec est retenu pour concevoir un nouvel espace (accueil, information, librairie, salles pédagogiques…). Il utilise des matériaux modernes : acier, verre et bois.

Le donjon.
Le donjon.
Vue du château depuis la basse-cour.
Vue du château depuis la basse-cour.
Châtelet d'entrée de la haute-cour (XIIIème siècle).
Châtelet d'entrée de la haute-cour (XIIIème siècle).
Fenêtres géminées (XIIème), vestiges d'un bâtiment disparu abritant sans doute la salle de réception.
Fenêtres géminées (XIIème), vestiges d'un bâtiment disparu abritant sans doute la salle de réception.
La haute-cour et le logis.
La haute-cour et le logis.
Mur sud de la tour (Xème siècle) - Au XIXème siècle, la fenêtre est bouchée et on ouvre une porte pour agrandir la prison.
Mur sud de la tour (Xème siècle) - Au XIXème siècle, la fenêtre est bouchée et on ouvre une porte pour agrandir la prison.
Trou taillé dans la pierre permettant de positionner la pince à levage.
Trou taillé dans la pierre permettant de positionner la pince à levage.
Menottes pour le déplacement des prisonniers et entraves pour les pieds.
Menottes pour le déplacement des prisonniers et entraves pour les pieds.

Monnaies du gué Saint-Léonard (Ier siècle).

Les voyageurs qui traversaient la Mayenne à Saint-Léonard jetaient des monnaies pour s'assurer la bienveillance de la divinité de la rivière. Plus de 26000 pièces ont été trouvées lors de fouilles en 1864, en majorité du premier siècle après J-C. Elles proviennent probablement de soldes militaires de soldats stationnés à Jublains.

Jeu de tables ou trictrac (XIème siècle) trouvé lors de fouilles réalisées en 1996..
Jeu de tables ou trictrac (XIème siècle) trouvé lors de fouilles réalisées en 1996..
Statue en bois de sainte Anne assise tenant un livre provenant de la niche extérieure de l'église Notre-Dame (XVIème siècle).
Statue en bois de sainte Anne assise tenant un livre provenant de la niche extérieure de l'église Notre-Dame (XVIème siècle).
Retable en bois (XVIème siècle) qui proviendrait de l'église de Saint-Mars-sur-Colmont.
Retable en bois (XVIème siècle) qui proviendrait de l'église de Saint-Mars-sur-Colmont.
Cette pièce, dont les voûtes datent du XIIIème siècle, devint une chapelle en 1830.
Cette pièce, dont les voûtes datent du XIIIème siècle, devint une chapelle en 1830.

Bornes de corvée (XVIIIème).

Instituée par Louis XV en 1738, la Corvée royale avait pour but d’améliorer le réseau routier. Elle imposait aux paysans, selon les régions, de 6 à 30 jours de travail gratuit par an pour la construction ou la réparation des routes. La limite où s’arrêtaient les obligations d’une paroisse et où commençaient celles de la paroisse voisine était indiquée par une borne. Cette mesure, très impopulaire, fut remplacée en 1760 par un impôt.

Sur ces quatre bornes sont gravés les noms de paroisses de la région de Mayenne.

CHASLON (Châlon-du-Maine)

MONTREVIL DE L (Montreuil-Poulay)

S. PIERRE DES VIDV (Saint-Pierre-des-Nids)

CHAMP-FREMOVX (Champfrémont)

CRANNE EN VILAINE (Crennes-sur-Fraubée)

Le kiosque à musique (1879).

Un kiosque à musique sera construit dans la basse cour du château en 1879 par M Poisson architecte à Mayenne. Lors d'une restauration du kiosque, les dix colonnes de fonte de mauvaise qualité seront refondues par les établissements Pellier de Brives.

Le théâtre.

Le conseil municipal décide la construction d’un théâtre dans le jardin du château le 15 novembre 1888. Sa construction fait l'objet d'un concours auquel participent vingt architectes. C’est le projet de Fernand Hélain de Château-Gontier qui est retenu. Les travaux sont réalisés par un entrepreneur de Mayenne, Michel Galais. L’inauguration a lieu le 8 février 1891.

Fermé pour des raisons de sécurité en 1994. Le théâtre fait l’objet d’une restauration fidèle de 1996 à 1998.

C’est l'un des deux théâtres à l'italienne du département.

Le buste de Paul Lintier.

Le buste de Paul Lintier, maire de Mayenne de 1898 à 1910, trône devant l’entrée du théâtre. Il est l’œuvre du sculpteur J Boucher. Le monument a été élevé par souscription publique en 1912.

La justice de paix.

En 1791, la ville de Mayenne est dotée d’une justice de paix que l’on installe dans un bâtiment construit en 1774 pour servir de bureaux aux marchands de la halle aux toiles.

Ce local servit ensuite de prison, de tribunal de commerce puis à nouveau de justice de paix de 1854 à 1899.

L’ancien bâtiment fut démoli en 1901 et remplacé par le bâtiment actuel en 1907. Il abrite aujourd’hui l’école de musique.

Fontaine à colonnettes de "Chappée et fils".

La forme générale de cette fontaine à colonnettes (2,50 m pour un peu plus de 500 kg), fabriquée par "Chappée et fils", est comparable à la fontaine Wallace grand modèle. Les cariatides sont remplacées par des colonnettes pour réduire le coût de fabrication, les quatre faces sont identiques et le chapiteau n’est pas aussi pointu.

 

Armand Chappée est né le 30 avril 1835 à Auteuil (Seine-et-Oise).

En 1856, il entre aux forges d'Antoigné à Sainte-Jamme-sur-Sarthe comme secrétaire comptable. Il se marie avec Victorine Doré, une des filles du patron.

En 1882, il achète la forge de Port-Brillet en Mayenne.

En 1885, son beau-père, Victor Doré, se retire. Sa femme Victorine hérite des forges d'Antoigné, il en devient le directeur.

En 1889, il obtient le Grand prix de fonderie à l'Exposition Universelle.

En 1895, il fonde avec son fils Louis la société "Chappée et fils" et y associe son fils Julien en 1896. Cette société fabrique en série de nouveaux produits: cuisinières, poêles, fourneaux, radiateurs, mobilier urbain dont la fontaine Wallace simplifiée.

En 1900, il présente à l'Exposition universelle un nouveau modèle de chaudière.

Durant la Première Guerre mondiale, sa société fabrique des obus pour le front.

Chapelle Saint-Léonard.

La chapelle Saint-Léonard (10 m x 4,50 m) est située sur le tracé de l'ancienne voie romaine reliant Jublains à Avranches, non loin du gué Saint-Léonard.

Au XVIIIème siècle, elle est transformée en habitation, une cheminée y est adjointe et les ouvertures bouchées. Plus tard, Elle servira de grange.

La restauration de la chapelle a été entreprise en 2008 après son acquisition par la mairie.

La chapelle Saint-Léonard abrite des fresques murales datant de la fin du XIVème siècle : Adoration des Mages, les Bavardes, le martyre de saint Laurent...