Parné-sur-Roc.

Parné-sur-Roc est situé à proximité du gué d’Entrammes, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Laval.

Des traces d’une villa gallo-romaine ont été repérées (par avion) à l’ouest du bourg, sur la vallée de l’Ouette.

Le bourg prospéra, tout d’abord, grâce au passage du chemin rennais (voie antique de pénétration vers l’Armorique) puis grâce au chemin valais (chemin menant de Tours au Mont-Saint-Michel et passant par Laval).

Au XVIème et au XVIIème siècle, on dénombrait cinq hôtelleries à Parné-sur-Roc.

Après le Moyen Âge, le tissage du lin devint l’activité dominante. Les tisserands travaillaient à domicile et vendaient leur production aux négociants. Leurs ateliers étaient installés dans des caves humides afin de conserver la souplesse du fil de lin.

Au XVIIIème siècle, la majorité de la population vivait de la toile.

Au XIXème siècle, Parné-sur-Roc étant situé sur un banc de calcaire carbonifère, le bourg voit l’essor d’une industrie nouvelle : la chaux. Les premiers fours sont construits en 1818. En 1871, six maisons adossées au four, sont construites pour y loger les ouvriers. En 1895, cinquante ouvriers travaillent sur l’ensemble des sites chaufourniers de Parné-sur-Roc.

Le dernier four s’éteindra en 1936.

Hormis son église et son Vieux Pont, Parné-sur-Roc a conservé de nombreuses maisons anciennes et remarquables : Mairie (Moyen Âge), maison médiévale (XVème siècle), maison à deux tourelles (XVème siècle), maison de la Croix-Blanche (XVème siècle), maison Frippier (1868), maison Faucheux (1878)…

Vue sur le vieux bourg.
Vue sur le vieux bourg.

La mairie.

Cette bâtisse carrée résulte de l'adjonction progressive de plusieurs constructions, restées distinctes au niveau des toitures.

La partie la plus ancienne, à gauche, remonte au Moyen-Âge. Elle est soutenue par des contreforts du côté de la pente. Une porte, aujourd'hui murée, présente un arc soigneusement appareillé en plein-cintre.

Repère de nivellement sur la mairie (72 m).
Repère de nivellement sur la mairie (72 m).
Horloge offerte en 1878 par Monsieur Louis Guyard.
Horloge offerte en 1878 par Monsieur Louis Guyard.
Dans le jardin, derrière la Mairie.
Dans le jardin, derrière la Mairie.

Maison médiévale (XVème - début XVIème siècle).

Cete maison fut construite au lendemain de la guerre de Cent Ans suite à la reprise économique favorisée par l'essor des toiles de lin : corps de bâtiment à étage, tour d'escalier au centre de la façade, toit à pente prononcée. L'ancienne porte est surmontée d'une accolade. Un écu du XVIIème siècle porte les initiales MC, sans doute celles du propriétaire.

Maison à deux tourelles (XVème siècle).

La façade de cette maison est caractérisée par ses deux tourelles qui contenaient à l'origine les escaliers de deux maisons contiguës, disposées perpendiculairement. La plus ancienne, à droite, fut détruite, sans doute vers 1780. L'ensemble des deux bâtiments est consacré au tissage, au XVIIIème siècle, puis devint une auberge, après la Révolution.

Maison de la Croix-Blanche (XVème siècle).

Cette maison à pans de bois, construite vers 1460 au bord de la route médiévale reliant Laval à Sablé, est d'abord une hôtellerie. Vers la fin du XVème siècle, elle fut agrandie vers le jardin et dotée d'une tourelle abritant un escalier. Elle fut ensuite habitée par un maçon, puis par des tisserands de 1740 à 1860. Le tissage se faisait dans une cave humide, semi-enterrée, dont on aperçoit l'entrée à côté de la tourelle.

Maison Frippier (1868).

En 1838, suite à un héritage, la maison de la Croix-Blanche est partagée en deux appartements. L'un d'eux est occupé par un maçon, Charles Frippier, qui décide de construire une maison sur la part de cour qui lui revient. La façade est entièrement traitées de briques de trois couleurs différentes dessinant des motifs. La terre cuite est également utilisée pour les encadrements de fenêtres et des motifs décoratifs.

Les fours à chaux (1818 - 1880).

Les éléments les plus anciens sont deux tourelles, de forme cylindrique, construites en 1818. Elles sont percées à leur base de trois embrasures pour le défournement. On leur adjoingnit, en 1868 et en 1880, deux fours-falaise à une seule embrasure.

La chaux, destinée à l'amendement des sols, était obtenue par cuisson du calcaire. On chargeait les fours par le sommet, en alternant les couches de pierre et de charbon.

En 1893, une machine à vapeur fut installée sur la plate-forme afin de facilité la traction des wagonnets.

Les maisons ouvrières (1871 - 1872).

En 1895, cinquante ouvriers travaillaient sur l'ensemble du site chaufournier de Parné-sur-Roc. Certains furent logés dans six maisons accolées, construites en 1871, adossées au four à chaux. Le décor de ces maisons rappelle les maisons Frippier et Faucheux.

Ancienne pompe à eau, rue de la Tannerie.

Maison Faucheux (1878).

Le décor de cette maison, construite en 1878, fait penser à la Maison Frippier: utilisation de terre cuite et de briques de trois couleurs différentes.

Maison aux volets bleus.

Niche de sainte Marguerite.

Sainte Marguerite était invoquée par les futures mamans qui déposaient un cierge auprès de la statue.

Le Vieux Pont.

La principale route ancienne traversant Parné-sur-Roc est le chemin Valais, mentionnée dès le XIVème siècle. Cette route médiévale, reliant Tours au Mont Saint-Michel en passant par Laval, franchissait l'Ouette sur un pont à deux arches. Une troisième arche est ajoutée au XXème siècle en raison des crues de l'Ouette.

Chemin vers Entrammes (6,5 km).
Chemin vers Entrammes (6,5 km).

L'église Saint-Pierre de Parné-sur-Roc.

Un cimetière mérovingien devait se trouver autrefois à l’emplacement de l’église.

Au VIIème siècle, il devait sûrement exister une église en bois.

XIème siècle, construction de l’église. Il n’en subsiste que la nef actuelle.

XIIème siècle, construction du clocher-porche.

Les deux chapelles formant transept sont ajoutées au XVème siècle.

La sacristie est édifiée en 1890 par l’architecte lavallois Eugène Boret.

En 1895, l’architecte lavallois Georges reconstruit le chœur et ajoute les absidioles des chapelles.

Des peintures datant du XIIIe siècle (porche) et du XVIIe (nef) ont été mises à jour lors d'une rénovation effectuée en 2007.

La tour du clocher (XIIème siècle).
La tour du clocher (XIIème siècle).
Tour ronde couverte de pierre, contenant l'escalier donnant accès aux niveaux supérieurs.
Tour ronde couverte de pierre, contenant l'escalier donnant accès aux niveaux supérieurs.
Clocher entièrement en pierre, recouvert d'une pyramide en pierre.
Clocher entièrement en pierre, recouvert d'une pyramide en pierre.
Animal fantastique (XVe siècle).
Animal fantastique (XVe siècle).
Animal fantastique (XVe siècle).
Animal fantastique (XVe siècle).
Chapelle nord.
Chapelle nord.
Calvaire monumental (20 janvier 1886).
Calvaire monumental (20 janvier 1886).
Le clocher-porche, couvert d'un toit pyramidal en pierre, s'ouvre par un portail à triple voussure.
Le clocher-porche, couvert d'un toit pyramidal en pierre, s'ouvre par un portail à triple voussure.

Intérieur de l'église.

L'église vue de la tribune.
L'église vue de la tribune.
Harmonium.
Harmonium.
Fonts baptismaux - cuve en marbre.
Fonts baptismaux - cuve en marbre.
Fonts baptismaux - cuve à trois compartiments.
Fonts baptismaux - cuve à trois compartiments.

Les peintures murales.

En 1952, lors de travaux, découverte de peintures murales, sur les murs de la nef, portant la date de 1603 mais celle-ci a peut-être été ajoutée plus tard, à l’occasion d’une réfection.

En 2007, lors de la campagne de restauration, découverte d'un saint Christophe, datant du début du XIIIème siècle, sur le mur sud de l'entrée sous clocher, et d'une Messe de saint Martin, datant du début du XVIème siècle, sur le mur sud de la nef.

- En entrant, sur le mur du porche, saint Christophe (XIIIe siècle).

- Sur le mur nord figurent la Vierge aux Sept Douleurs, le cœur percé par sept épées ; saint Jérôme présentant la Bible au Christ en croix ; l'atelier de saint Crépin et de son frère saint Crépinien, patrons des cordonniers ; le Christ ressuscité, sur fond d'étoiles ocre rouge, et saint Joseph tenant l'Enfant-Jésus.

- Sur le mur sud, on trouve la Messe de saint Martin avec l'épisode des bavardes : trois femmes s'interpellent devant un diable ; saint Tugal ou Tugdual, évêque de Tréguier, patron de Laval ; saint Côme tenant une fiole d’urine dans la main droite et saint Damien, patrons des chirurgiens.

- L’embrasure d’une fenêtre romane a conservé un décor médiéval qui devait s’étendre à l’ensemble de la nef.

Décor médiéval dans l'embrasure d'une fenêtre
Décor médiéval dans l'embrasure d'une fenêtre

Saint Christophe.

L’image de saint Christophe portant un enfant fait son apparition en Occident vers le milieu du XIIème siècle. Ce saint est très populaire à la fin du Moyen Âge. Aux XIVème et XVème siècles, il est fréquemment représenté par un géant portant un enfant et traversant un cours d’eau. Au XVIIème siècle, les fresques et les peintures murales sont recouvertes de badigeons ou de boiseries. Il faudra attendre le XXème siècle pour qu’elles soient dégagées, souvent par hasard, et restaurées.

En entrant, sur le mur du porche, Saint Christophe (XIIIe siècle).
En entrant, sur le mur du porche, Saint Christophe (XIIIe siècle).
Saint Christophe (détail).
Saint Christophe (détail).
La messe de Saint Martin - Les bavardes. Peintures du XVIe siècle, découvertes en 1952, lors de travaux.
La messe de Saint Martin - Les bavardes. Peintures du XVIe siècle, découvertes en 1952, lors de travaux.
Les bavardes.
Les bavardes.
Vierge des sept douleurs (1603) - Saint Jérôme.
Vierge des sept douleurs (1603) - Saint Jérôme.
L'atelier de Saint Crépin et de son frère Saint Crépinien, patrons des cordonniers. Le Christ ressuscité, sur fond d'étoiles ocre rouge - Saint Joseph et l'Enfant-Jésus
L'atelier de Saint Crépin et de son frère Saint Crépinien, patrons des cordonniers. Le Christ ressuscité, sur fond d'étoiles ocre rouge - Saint Joseph et l'Enfant-Jésus
Saint Joseph et l'Enfant-Jésus.
Saint Joseph et l'Enfant-Jésus.
Saint Tugal, patron de Laval.
Saint Tugal, patron de Laval.
Saint Côme et Saint Damien, patrons des chirurgiens.
Saint Côme et Saint Damien, patrons des chirurgiens.
Le choeur.
Le choeur.
Le maître-autel.
Le maître-autel.
Voûte du choeur en briques enduites et peintes "L'annonciation"
Voûte du choeur en briques enduites et peintes "L'annonciation"
L'Eucharistie
L'Eucharistie
La Trinité.
La Trinité.
Un revêtement de plâtre masquait la charpente jusqu'en 1985
Un revêtement de plâtre masquait la charpente jusqu'en 1985
Peinture au niveau la charpente
Peinture au niveau la charpente
Chaire en calcaire polychrome avec une couronne royale fleurdelysée (XVIIe siècle)
Chaire en calcaire polychrome avec une couronne royale fleurdelysée (XVIIe siècle)
Couronne de la chaire
Couronne de la chaire
Masque humain.
Masque humain.
Chapelle sud
Chapelle sud
"Marie et Joseph en quête d'un abri"
"Marie et Joseph en quête d'un abri"

La Descente de Croix (1668).

Dans la chapelle nord, "Descente de Croix" en terre cuite du sculpteur lavallois Pierre Biardeau (1608-1671).
Dans la chapelle nord, "Descente de Croix" en terre cuite du sculpteur lavallois Pierre Biardeau (1608-1671).
"Descente de Croix" (détail).
"Descente de Croix" (détail).
Tableau du Rosaire - La Vierge remet le Rosaire à Saint-Dominique (1622).
Tableau du Rosaire - La Vierge remet le Rosaire à Saint-Dominique (1622).

Cimetière de Parné-sur-Roc - Monument aux morts.

Le cimetière, déjà mentionné en 1577, borde l'ancien chemin valais.

La chapelle Notre-Dame-de-Pitié a été construite en 1872. En 1919, le maire de la commune propose de l'utiliser pour honorer les défunts de la commune. De part et d'autre de la porte d'entrée, deux plaques de marbre portent les noms des habitants de la commune morts pour la France. La chapelle a été restaurée en 2009.

Un cimetière existait également autour de l'église paroissiale.

La chapelle funéraire toute blanche domine le village
La chapelle funéraire toute blanche domine le village

L'école de garçons.

A gauche, la classe, à droite, la mairie et au centre, le logement de l'instituteur.