Port-Brillet.

En 1452, la proximité de minerai ferreux et de forêts détermine l'implantation d'une forge, dite "Forge Brielle", qui utilise la force motrice du Vicoin.

En 1619, Michel Deguerre obtient du Duc de la Trémoille le droit de faire bâtir une grosse forge avec les bâtiments des forgerons à proximité du moulin de la Poulardière.

Pendant la Révolution, alors que les communes environnantes soutiennent la Chouannerie, les Forgerons de Port-Brillet se constituent en Gardes Nationaux.

En 1874, le village autour des Forges, jusque-là partie intégrante de la commune d'Olivet, devient Port-Brillet.

En 1882, Armand Chappée (1835-1922) achète l’usine de Port-Brillet.

En 1952, l'usine emploie 950 ouvriers.

En 1997, l'entreprise Pebeco rachète l'usine.

En 2011, Pebeco est placé en redressement judiciaire.

L'usine ferme ses portes le 18 novembre 2011.

La Poulardière - Porte de l'ancienne demeure des Maîtres de Forge de Port-Brillet.
La Poulardière - Porte de l'ancienne demeure des Maîtres de Forge de Port-Brillet.

Le "bouquet de forgeron".

Cette aiguille de 11 mètres de long, fondue autour d’une gallétoire, chef-d’œuvre du Maître de forge, était autrefois accrochée à un bâtiment de la forge.

La chapelle de Sainte-Madeleine.

Au milieu de la vaste forêt de Frageul, de la Brûlatte et d’Olivet se trouvait une grande clairière très peuplée de gibier. Un jour, Guy IV de Laval, chassant dans la forêt avec la noblesse du pays, y fut menacé de perdre la vie dans une lutte avec un sanglier blessé et rendu furieux. Dans ce moment critique, il se recommanda à Sainte Madeleine et fit vœu d’ériger une chapelle en son honneur s’il échappait au danger et de la faire desservir par un prêtre. Le danger passé, il s’empressa d’accomplir son vœu et, en l’an 1100, il fit bâtir la chapelle de la Madeleine au lieu même où il avait échappé au danger, à 200 mètres du bourg actuel. Cette chapelle fut confiée à un religieux de l’Abbaye de la Roë qui dépendait des moines de Clermont. Elle prit le nom de chapelle de la Madeleine-du-Plessis, parce qu’elle était environnée de doubles haies de plessis. Au nom Plessis se joignit celui de Milcent, date de la fondation.

Cette chapelle devint église paroissiale en 1624, au mois de juin.

Les fonts baptismaux furent édifiés en 1764, époque où la chapelle fut agrandie.

La chapelle devint paroisse distincte d’Olivet en date du mois d’octobre 1840 sur demande de Monsieur le Préfet de la Mayenne et de Monsieur Paillard-Ducléré, maire d’Olivet et député de la Sarthe.

La chapelle fut détruite en 1849, ayant été expropriée pour le passage de la ligne de chemin de fer : Paris-Brest, et remplacée dans le terrain de Boisard par l’église actuelle.

Une nouvelle petite chapelle fut érigée dans un coin de terrain qui restait. Elle fut bénie le 12 octobre 1856.

La chapelle a été restaurée en 1933.

Historique de la chapelle (1935).
Historique de la chapelle (1935).

L'église.

L'église de Port-Brillet fut construite en 1845 pour remplacer l'ancienne chapelle de la Madeleine du Plessis de Milcent qui fut érigée par Guy IV de Laval en 1100.

L'église renferme des vitraux, dessinés par Julien Chappée, fils d'Armand Chappée, réalisés par le maître verrier Albert Echivard du Mans.

Les colonnes de la tribune ont été réalisées en 1884 par l'usine Chappée.

Le sol de la nef est recouvert de plaques de fonte, fabriquées à l'usine en 1886.

Le maître-autel en marbre date du XVIIIème siècle.
Le maître-autel en marbre date du XVIIIème siècle.
Le sol en plaques de fonte.
Le sol en plaques de fonte.
Sainte Marie Madeleine, patronne de Port-Brillet.
Sainte Marie Madeleine, patronne de Port-Brillet.

Les vitraux.

Julien Chappée (1862-1957), fils d’Armand Chappé, était un industriel, mais également un peintre. Il dessina plusieurs vitraux de l’église de Port-Brillet, tous en rapport avec l’histoire de sa famille :

Saint Louis : mariage de Louis Chappée et de Hélène Dreux - Mont St Martin, le 7 X 1898.

Saint Julien : mariage de Julien Chappée et de Similienne Levesque - Nantes, le 22 novembre 1898.

Saint Eloi patron des forgerons : Le 22 janvier 1925 en l’église Saint-François-de-Sales (Paris) a été célébré le mariage de Gervais Chappée et de Solange Compaignon de Marcheville.

Les saints patrons de ses trois fils : Saint Pavin 1926, Saint Gervais et Saint Benoît.

Un vitrail offert par M et Mme Mac Dermotte à l’église de Port-Brillet - En souvenir de leur ami Armand Chappée. L’an mil neuf cent vingt septembre - Julien Chappée 1927.

Saint Louis.
Saint Louis.
Saint Julien.
Saint Julien.
Saint Eloi, patron des forgerons.
Saint Eloi, patron des forgerons.
Saint Pavin.
Saint Pavin.
Saint Gervais.
Saint Gervais.
En souvenir de notre ami Armand Chappée.
En souvenir de notre ami Armand Chappée.
Sainte Philomène (1881).
Sainte Philomène (1881).

La gare (1853).

En 1849, construction de la ligne de chemin de fer : Paris-Brest. Construction de la gare en 1853.

Les chemins de fer de l’Ouest ont relié la gare de Port-Brillet à l’usine gratuitement. En échange, la société Paillard a fourni 70000 m3 de déchets de forge, utilisés en ballast, pour bloquer les traverses de chemin de fer entre Laval et Rennes.

Les cités ouvrières.

Les maisons des commis, appelées ainsi car elles hébergeaient les commis en écriture, comportaient au rez-de-chaussée une grande pièce servant de cuisine et de salle à manger et la chambre des parents, à l’étage une mansarde destinée au couchage des enfants. Chaque maison ouvrière avait son jardin potager au fond duquel se trouvait les toilettes.

Au bout de la rue, la maison du chef de fonderie, plus cossue, tournait le dos aux maisons des ouvriers, celui-ci était chargé de régler les conflits dans la cité ouvrière. 

Cette partie de rue fut construite en 1913.

Au premier plan, la maison du chef de fonderie.
Au premier plan, la maison du chef de fonderie.
Fontaine et jardins ouvriers.
Fontaine et jardins ouvriers.
Fontaine - détail.
Fontaine - détail.

Les bains douches (1919).

Ce bâtiment en pierre, au décor de briques rouges et blanches et de céramiques, date de 1919. La tour carrée servait à dissimuler la réserve d’eau. De nombreuses céramiques décoratives ont aujourd’hui disparu.

Le "village nègre".

A côté des petites maisons convoitées par les ouvriers, il y avait "les baraques en bois". Ces maisons exigües, construites au début du XXème siècle sur fondations de ciment étaient occupées pour l'essentiel par les plus démunis.

Ces maisons de bois ont disparu dans les années 1970. A Port-Brillet, les anciens parlent encore du "village nègre". Il ne subsiste qu'un unique exemplaire témoignant de cette époque révolue.

La fontaine Wallace en applique.

Cette fontaine en fonte, datant de 1895, a été fabriquée par l'usine Chappée d’Antoigné (Sarthe). Chargée d'approvisionner les habitants de la cité ouvrière de la commune, son emplacement ne facilitait pas la vie quotidienne des ménagères, car les dernières maisons étaient éloignées de la fontaine. Proche de la gare, visible de la route de Laval et de l'entrée des forges, son emplacement avait été choisi afin de promouvoir  le savoir-faire de l'usine.

La fontaine de la place de l'Eglise.

Cette fontaine n’a pas été coulée par la fonderie Chappée mais par GHM (Générale Hydraulique Mécanique) une usine spécialisée dans les statuaires, fontaines de jardin, balustrades, éclairages de style…

Le pigeonnier.

Pigeonnier transformé en toilettes publiques.
Pigeonnier transformé en toilettes publiques.
Bouche d'arrosage et d'incendie.
Bouche d'arrosage et d'incendie.