Saint-Berthevin.

La légende Saint Berthevin.

Berthevin est né en Normandie au IXème siècle. Jeune diacre, il vint au château Laval-Guyon et s’attacha au service du seigneur du lieu, le sieur Bellailé. Le seigneur et sa femme apprécièrent très vite les qualités du jeune clerc et le chargèrent de l’éducation de leurs enfants puis de l’administration de leur maison. Jaloux, les officiers du château décidèrent d’éliminer Berthevin. Un soir, l’ayant invité à se promener, ils le tuèrent et cachèrent son corps dans une mare située tout près de l’église actuelle. Ayant peur que le corps ne soit découvert, ils le retirèrent de la mare et le déposèrent dans une fontaine (aujourd’hui appelée la "Bonne-Fontaine"). Effrayés par une étrange lumière qui brillait la nuit en ce lieu, ils reprirent le corps et le jetèrent dans la rivière, alourdi de pierres. Craignant que le corps ne remonte un jour à la surface, ils allèrent le cacher dans une anfractuosité d’une grotte (aujourd’hui appelée "Le Petit-Saint-Berthevin").

La marraine du martyr, qui vivait en Normandie, avertie par une vision, vint avec une charrette et deux génisses pour récupérer le corps. Les génisses l’emmenèrent miraculeusement à la roche qu’elles gravirent sans peine. La marraine emporta le corps de Berthevin en Normandie où il fut mis en châsse après les invasions normandes.

Bonne-Fontaine.

Cette fontaine est la fontaine mentionnée dans la légende de saint Berthevin.

On raconte qu’à la fin du XIXème siècle, des prisonniers venaient offrir leurs chaînes au saint quand ils pensaient lui devoir la liberté retrouvée. Les malades venaient encore y puiser de l’eau au début du XXème siècle.

En 1903, une chapelle a été construite près de la fontaine par la propriétaire du terrain, Mademoiselle Régereau.

Pour les Rogations, on installait une statue du saint dans la niche et les habitants du village se rendaient en procession à la chapelle pour y puiser l’eau qui devait servir pour les fonts baptismaux.

La statuette date de la fin du XIXème siècle et a été fabriquée dans un atelier parisien. Le saint est vêtu d’une robe rouge ornée des lettres IHS. Il porte la Bible dans la main gauche et la palme du martyre dans la main droite.

Grotte du Petit-Saint-Berthevin ou Chaire-de-Saint-Berthevin.

La grotte du Petit-Saint-Berthevin est creusé à flanc d’un rocher s’élevant à 16 mètres au-dessus du Vicoin. On accède à la grotte par un escalier. Saint Berthevin y aurait vécu en ermite et aurait prêché aux habitants du haut du rocher. Au XIXème siècle, le jour de la fête du saint, le prêtre donnait un sermon du haut de la grotte.

On raconte, qu’autrefois, les jeunes filles désirant se marier dans l’année allaient déposer dans la grotte une petite croix faite de branchettes de chêne.

Le Vicoin - Vestiges du moulin de la Roche au pied de la Grotte.
Le Vicoin - Vestiges du moulin de la Roche au pied de la Grotte.

Base de loisirs de Coupeau.

Site historique classé, de 37 ha, en bordure de la  forêt de Concise, traversé par le Vicoin et parcouru par un circuit pédestre de 1 km 600. Une piscine découverte est ouverte de mi-mai à fin août. Un rocher d’initiation à l’escalade, équipé en 1992, se trouve sur la rive droite du Vicoin.

Le rocher d'escalade.
Le rocher d'escalade.
Viaduc sur le Vicoin, construit dans la seconde moitié du XXème siècle.
Viaduc sur le Vicoin, construit dans la seconde moitié du XXème siècle.
Repère de nivellement sur le viaduc.
Repère de nivellement sur le viaduc.

L’église de Saint-Berthevin (XIème siècle).

A l’origine, l’église ne comprenait que la nef et une petite partie du chœur actuel. Le chœur a été rallongé avant 1830. L’ancien clocher reposait sur quatre piliers de bois descendant dans la nef. Il est remplacé en 1730 par un clocher-porche carré, percé d’une porte en plein cintre et d’un oculus. Deux chapelles, flanquant la tour, ont été édifiées en 1833 et 1851.

Retable de Notre-Dame - Bras nord du transept.

Commandé par la fabrique, ce retable de style lavallois a été construit en 1647 par François Houdault. Les colonnes et l’autel sont en marbre noir. Dans la niche centrale se trouve une Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XIVème siècle, portant l’Enfant Jésus sur le bras droit. L’Enfant figure d’ordinaire sur le bras gauche de sa mère.

Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XIVème siècle.
Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XIVème siècle.

Retable de saint Joseph et de sainte Anne - Bras sud du transept.

Retable construit par les frères Langlois en 1657 aux frais de la fabrique et des dons de paroissiens. L’autel et deux colonnes sont en marbre noir, les deux autres colonnes sont en marbre rose. Le retable est conçu en largeur et présente deux niches jumelles accueillant saint Joseph et l’Enfant Jésus (XVIIème) à gauche et sainte Anne et la Vierge enfant (XVIIème) à droite.

Maître-autel en marbre noir (XVIIème siècle).

Le maître-autel a été placé au centre du chœur en 1969.

Tabernacle du XVIIème siècle.

Ce tabernacle est entièrement en bois peint imitant le marbre rose de Saint-Berthevin. Les anges, de chaque côté du tabernacle, sont en terre cuite polychrome.

Jusqu’en 1969, le tabernacle ornait le maître-autel dans le fond du chœur ; ils avaient été commandés et payés par le curé Tarot en 1647. Aujourd'hui, il est posé sur une table en marbre rose de Saint-Berthevin soutenue par des balustres, également en marbre.

L’ancien presbytère (avant 1750).

En 1969, suite à l’augmentation de la population, l’église devient trop petite. L’agrandissement de l’église étant refusé par l’évêque, afin de gagner des places, le curé décide de réaménager l’intérieur de l’église. Une entrée est pratiquée dans le fond du chœur à l’emplacement de la sacristie. Celle-ci est déménagée au bout du transept sud, dans le bureau du curé au presbytère. Une ouverture est alors pratiquée dans le mur mitoyen entre le presbytère et l’église.

Le bâtiment accueille aujourd’hui l’école municipale de danse et de musique.

La Maison du Relais du Bas-Bourg à Saint-Berthevin (XVème et XVIème siècles).

Autrefois, les voyageurs qui empruntaient la route Royale, allant de Paris à Brest, pouvaient changer leurs chevaux dans ce Relais de Poste. Madame de Sévigné s’y arrêtait quand elle se rendait en Bretagne, dans son château des Rochers près de Vitré. Sur le plan cadastral de 1810, le Relais est indiqué sous le nom d’Hôtel de Madame de Sévigné.

En 1745 une nouvelle route droite, partageant Saint-Berthevin en deux, est tracée légèrement plus au sud.

L’ancienne route Royale correspond à l’actuelle rue Alain Gerbault.

Les fours à chaux.

Avant 1800, il existait des fours à chaux à Saint-Berthevin qui produisaient de la chaux pour la construction des maisons. C’était une production artisanale qui existait depuis le Moyen Âge. Avec l’utilisation de la chaux comme engrais agricole, l’exploitation de la chaux va constituer l’activité principale de Saint-Berthevin entre 1840 et 1910.

En 1846, il y a 8 fours à Saint-Berthevin, il en reste quelques-uns bien conservés sur le site des Brosses. Deux familles se partagent la production : les Gerbault, grands-parents d’Alain Gerbault le navigateur, et les Guichard. Les deux familles vont s’associer par mariage en 1850. On peut voir au cimetière la tombe du grand-père Gerbault surmontée d’un petit four à chaux. Pour construire et réparer les colonnes de chauffe, les familles vont installer des briqueteries : les Guichard à la Loge (route de Montjean) et les Gerbault au Tertre-Fléchard. On voit encore à Saint-Berthevin des maisons ouvrières dont l’encadrement des portes et des fenêtres est en brique.

La production de la chaux va décliner à partir de 1880 car on s’aperçoit que la chaux appauvrit la terre : "La chaux enrichit le père et ruine le fils".

Fours à chaux - Site des Brosses.
Fours à chaux - Site des Brosses.

Le cimetière.

A l’entrée du cimetière, on peut voir la tombe de Pierre-Jacques Gerbault décédé le 13 avril 1869. Pierre-Jacques Gerbault (1796-1869) a développé l’activité des fours à chaux fondée par son père Pierre-Mathieu Gerbault au Tertre-Fléchard. Sous sa direction, la famille Gerbault est devenue l’une des plus importante dans l’industrie de la chaux en Mayenne.

Il a choisi pour tombeau la reproduction d’un four à chaux, symbole de sa réussite. Le four, en marbre de Carrare commandé à Paris, mesure deux mètres de haut.

Caveau de la famille Gerbault.
Caveau de la famille Gerbault.
Caveau de la famille Toutain - Raphaël Toutain fut maire de Saint-Berthevin.
Caveau de la famille Toutain - Raphaël Toutain fut maire de Saint-Berthevin.

La Grotte de Jean Chouan.

Jean Cottereau dit Jean Chouan est né le 30 octobre 1757 dans une hutte de bûcheron-sabotier de la forêt de Concise à Saint-Berthevin en Mayenne. Il est le fils de Pierre Cottereau et de Jeanne Moyné. Héros de la chouannerie, Jean Cottereau est, avec ses frères Pierre, François et René, un des chefs de l'insurrection contre-révolutionnaire et royaliste qui s'est développée en Mayenne en 1793. Ses camarades l'avaient surnommé le Gars mentoux ( le garçon menteur).

 

En 1780, âgé de 23 ans, Jean Chouan est poursuivi pour avoir d’abord rossé un nommé Marchais qu’il soupçonnait de l’avoir vendu aux gabelous, puis pour avoir, avec son ami Jean Croissant, tué un agent de la gabelle, Olivier Jagu, dans une auberge de Saint-Germain-Le-Fouilloux. Condamné à mort, Jean se réfugie dans les bois avec ses compagnons. Anciens faux-sauniers, ils connaissent parfaitement la forêt et attaquent régulièrement les Bleus, jusqu’en 1794.

Le 27 juillet 1794, en sortant du bois de Misedon pour aller se ravitailler, Jean est touché par une balle. Il meurt le lendemain dans les bois en faisant promettre à ses amis de l’y enterrer et de ne jamais révéler l’endroit de sa sépulture.

 

La Chouannerie fut avant tout une guerre civile avec ses abominations. La population, désarmée et terrorisée par l'un et l'autre camp, subit ce mouvement plus qu'elle ne l'approuva.

Si les faux-sauniers (trafiquants de sel) se sont rangés du côté des Royalistes et ont pris les armes contre les Révolutionnaires, c’est essentiellement pour pouvoir continuer à bénéficier des avantages de leur trafic (contrebande du sel). En effet, la suppression totale de la gabelle était demandée dans de nombreux cahiers de doléances en Mayenne en 1789.

En 1789, le sel se payait 55 à 60 livres le minot (environ 50 kg) à La Croixille alors que quelques kilomètres plus loin, en Bretagne, pays franc, il ne valait que 2 à 3 livres.

Acte de baptême de Jean Cottereau.
Acte de baptême de Jean Cottereau.
Entrée de la grotte.
Entrée de la grotte.
Issue de secours.
Issue de secours.
Le haut de la grotte offrait un beau poste d'observation.
Le haut de la grotte offrait un beau poste d'observation.

Colonne du XIème léger (1838). 

En 1832, dans l’Ouest de la France, les partisans de Charles X, éloignés du pouvoir depuis 1830, tentent de relancer les guerres de Vendée afin de renverser la monarchie de Juillet. Suite à cette insurrection, pourtant vite réprimée, les autorités décident de construire une vingtaine de voies stratégiques en Mayenne afin de faciliter le déplacement de l’armée en cas de nouveaux troubles. Ces routes toute droites ont permis de rompre l’isolement des campagnes.

En 1835, le régiment du XIème léger construit la route 10 (actuelles D32 et D11), ralliant Saint-Berthevin à Pouancé via Laubrières. En souvenir, un monument a été érigé à l’entrée de cette route en 1838.

La Chapelle des Naudières.

Cette chapelle privée date du début du siècle. Elle est accessible de mars à sept seulement. Tous les ans, en septembre, le prêtre de la paroisse de Saint-Berthevin y célèbre une messe qui rassemble une trentaine de personnes.

Chapelle du Pâtis.

Cette chapelle privée du XIXème siècle est dédiée à la Vierge de la Forêt. Elle abrite une sculpture d'une Vierge à l'Enfant.

Le lavoir du Bourg du Pont.

De nombreuses fontaines et sources alimentaient la population de Saint-Berthevin en eau potable. Elles approvisionnaient également les lavoirs. Ce lavoir communal, alimenté par une source qui coulait juste au-dessus, a cessé d’être utilisable il y a quelques années lors de la construction des nouveaux lotissements. Il existait un autre lavoir au pied du pont encore utilisé dans les années 1950.

Gué sur le Vicoin non loin de l'emplacement du lavoir situé au pied du Pont.
Gué sur le Vicoin non loin de l'emplacement du lavoir situé au pied du Pont.
Sainte Jeanne d'Arc.
Sainte Jeanne d'Arc.

Le monument aux morts.

Stèle érigée le 10 juin 2014 en hommage aux 7 aviateurs morts le 10 juin 1944 :

Thomas Whyndam Henderson, Norman Randall Henderson, Hugh Bradbury, Leslie Arthur Brotherton, Philip Gaines, Stanley William Peake et Edward Charles Wicks.

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1944, un bombardier Halifax de la Royal Air Force, chargé de bombarder l'aérodrome de Laval Beausoleil, est abattu par les Allemands.

 L'avion s'écrase en flammes, à 0h21, au Pont-Alain à Saint-Berthevin. Un australien et six Britanniques trouvent la mort. Les corps du navigateur Norman Randall Henderson et du mitrailleur Edward Charles Wicks, très mutilés, sont enterrés dans le même cercueil.  


Voir également en page cimetière de Vaufleury

Inauguration de l'Espace Del'Aune.

Trompe l’œil - Magasin Leclerc, 62 Boulevard Louis Armand.

Trompe l’œil de Daniel Thirault.

Fresque - Le Wallace, centre commercial Les Loges.

Fresque de Daniel Thirault.