Saint-Christophe-du-Luat.

Saint-Christophe-du-Luat est une commune peuplée de 786 habitants.

Il y a plusieurs siècles, la commune, couverte de forêt, était un bourg de quelques maisons appelées "luart" ou "louart". Ce  village aurait disparu en 1087, incendié par les troupes normandes de Guillaume le Conquérant.

L’église primitive est construite au XIIème siècle.

En 1218, le nouveau bourg est érigé en paroisse et prend le nom de Saint-Christophe-du- Louard qui devint par la suite du Luat.

Au XIVème siècle, durant la guerre de Cent Ans, des murailles sont édifiées à la Chesnelière et à Morand.

Au sud de l’église, à l’emplacement de l’école des garçons se trouvait un château qui fut détruit en 1840.

Le Prieuré, maison proche du cimetière, datant du XVIème siècle, servit de presbytère jusqu’au XVIIIème siècle.

Au XVIIIème siècle, jusqu’à 50% de la population travaille le lin.

En 1848, huit fours sont en activité sur la commune et des voies nouvelles sont crées pour les relier.

Suite à la fermeture des fours à chaux, la culture et l’élevage deviennent les principales ressources de la commune.

Le bourg voit des modifications apportées (lavoir public en 1913, bureau de poste en 1914, éclairage électrique…).

L'église Saint-Christophe.

L’église romane primitive est construite au XIIème siècle.

L’église a été profondément remaniée au cours des siècles.

En 1623, construction d'une chapelle au nord, puis construction d'une chapelle au sud par René Fouyn prieur de Saint-Martin de Beaupréau.

En 1845, construction d'une tour en façade, l’église se voit dotée d’un nouveau clocher.

Retable lavallois - XVIIème.

Retable en marbre et en tuffeau du XVIIème siècle.

Une statue de saint Christophe orne la partie supérieure du retable.

Au centre du retable, une peinture du XVIIIème siècle signée Boissier  représente la Cène.

Tableaux sur lambris.

Deux tableaux représentant "La Vierge à l'Enfant" et "Saint Sébastien", datant de 1767, sont signés Cointereau.

Pierre tombale dOlivier de la Chapelle.

A l'origine, le tombeau d'Olivier de la Chapelle, trépassé au mois de juillet 1473, devait être placé dans un enfeu dans le chœur. Seule la dalle a été conservée et placée dans le mur nord de l'église.

La dalle a été découverte en 1837, lors de travaux dans l'église.

Dalle funéraire de René Fouyn.

Le texte, gravé sur cette dalle, nous rappelle que René Fouyn, prieur de Saint-Martin de Beaupréau en Anjou, est le fondateur, en 1619, de la première messe des dimanches de l'office de la très Sainte Trinité.

René Fouyn est décédé en 1623.

La chaux - Les fours à chaux.

Saint-Christophe-du-Luat se trouve sur une bande calcaire qui traverse la Mayenne.

Dès le XIIIème siècle, l'extraction du calcaire et la production de chaux sont pratiquées à Saint-Christophe-du-Luat. En 1244, un paroissien nommé Jean Lode, en devait six charges à un prêtre.

Au XVIIème siècle, on signale des fours à chaux à Saint-Christophe-du-Luat.

Jusqu’au début du XIXème siècle, la chaux était utilisée exclusivement pour la construction. On se servait, pour la fabriquer, de petits fours creusés directement dans le roc, dans un banc de calcaire facile à tailler (la poudre était alors inconnue pour cet usage).

 

Vers 1830, l’agriculture commença à utiliser la chaux. Les fours au bois, à feu interrompu, furent remplacés par des fours au charbon de terre, à feu continu.

La commune connut alors un essor fulgurant. En 1836, des fours à chaux existaient à la Boissière, à Rouessé, aux Roussières, à la Prézaie.

En 1840, les fours à chaux de Saint-Christophe-du-Luat produisaient 38 400 hectolitres.

En 1848, huit fours étaient en pleine activité.

L'industrie de la chaux atteignit son apogée en 1864. En Mayenne, 240 fours fonctionnaient dans tout le département.

De 1864 à 1869, les fours de Saint-Christophe-du-Luat produisaient 160 000 hectolitres de chaux et employaient 66 ouvriers.

 

"La chaux enrichit le père et ruine le fils".

Ayant abusé de la chaux, dès 1875, la demande se ralentit. A partir de 1888, la chaux cède la place aux engrais chimiques.

Le dernier four à chaux de Saint-Christophe-du-Luat s’est éteint en 1900. 

Les restes du Moulin à Vent au lieu-dit la Boissière.

À la Boissière, un moulin à vent fonctionnait encore en 1840.

Le lavoir.

Au XIXème siècle, par soucis d’hygiène, de nombreuses communes aménagent des fontaines et des lavoirs publics.

Le lavoir de Saint-Christophe-du-Luat fut construit en 1913 sur le ruisseau des Places, affluent de la Jouanne.

Dans les années 1990, menacé de démolition, le lavoir a été sauvé par l’architecte des Bâtiments de France qui imposa sa restauration.

Notre-Dame de Torticolis.

La chapelle du Torticolis est située sur la route allant de Saint-Christophe-du-Luat à Châtres-la-Forêt. Son origine remonterait au début du XIème siècle.

Guy III de Laval qui voulait reprendre aux moines d’Evron les terres que ses ancêtres leur avaient données fut pris d’un violent torticolis.

Pris de remords, Guy dit à ses compagnons : “C’est mal ce que j’ai fait… Nous rendrons leurs terres aux bons moines et ici, j’en fais le voeu, je bâtirai une chapelle”.

La chapelle est composée de deux corps. La partie la plus ancienne (la plus basse) contenant un autel avec une statue de la Sainte Vierge.

Autrefois, on venait y demander la guérison des fièvres et du mal de dents.