Saint-Fort.

Mentionnée pour la première fois en 1371, la terre de Saint-Fort est alors appelée Saint-Evroul. La paroisse a reçu le nom de « Saint-Fort » en 1559, puis en 1566, le nom de « Saint-Arnoult alias Saint-Fort ». L’appellation actuelle date de 1783.

Le 17 juin 1561, les statues et les cierges de l’église sont brisés par les huguenots.

En 1599, trois personnes sont tuées par les loups dont Perrine Beaumont, 9 ans. Le 17 avril 1599, la fillette est attaquée et dévorée, on ne peut inhumer « qu’une partie de son corps ».

Le 21 janvier 1794, quatorze prêtres sont guillotinés à Laval puis jetés dans une fosse commune à La Croix Bataille. André Dulion, 66 ans, curé de Saint-Fort, est l’un d’eux.

Le 19 septembre 1795, deux officiers municipaux de la commune donnent leur démission par crainte des chouans.

Jean-François Hayer, vicaire et maire de Saint Fort, devient curé intrus de Pommerieux (il a prêté serment à la constitution civile du clergé de 1791) et dénonce ses paroissiens royalistes. Le 23 mars 1794, après avoir apostasié (renoncé publiquement à sa religion), il revient à Saint-Fort reprendre ses fonctions d’officier municipal. Il est enlevé par les chouans dans la soirée du 18 mai 1799 et fusillé dans les bois de la Vicelle.

Au milieu du XIXème siècle, la commune compte 72 fermes et possède à Pendu une scierie, une minoterie, une fromagerie et une tuilerie.

La Mairie.

L'église de Saint-Fort.

L'église de Saint-Fort fut dédiée à Saint-Evroul puis, à partir du XVIème siècle, au Dieu-Fort, reconnaissable à ses attributs: le globe ou le coeur et la croix tenus en main.

L'édifice primitif date du XIème siècle et conserve sa forme initiale avec une vaste nef et un choeur plus étroit en abside.

Au XIVème siècle, les fenêtres ont été murées au nord.

Des chapelles latérales ont été ouvertes au XVIème siècle, elles étaient dédiées à Saint-Simon et à Saint-Denis. Aujourd'hui, elles abritent des statues en pierre du XVIIIème siècle, représentant Saint-Evroult et Saint-Fort.

L'église conserve également un grand Christ en bois polychrome du XVIIème siècle. La base de la croix masque en partie une ancienne ouverture romane aujourd'hui murée.

La haute tour-clocher semble être celle de l'église d'origine.

L'édifice a fait l'objet d'une campagne de restauration en 1965. Une grande partie de son mobilier a été supprimé pour cause de délabrement: deux retables, deux autels, la chaire ainsi qu'une grande quantité de statues. Des sondages entrepris dans le mur de la nef ont révélé l'existence de peintures murales du XVIème siècle.

Saint Evroult (627 - 706). Saint Évroult était invoqué pour des maladies cutanées, les éruptions de boutons cutanés appelés "fleurs de Saint Yvrou", la fièvre, la folie, et également la protection des troupeaux.
Saint Evroult (627 - 706). Saint Évroult était invoqué pour des maladies cutanées, les éruptions de boutons cutanés appelés "fleurs de Saint Yvrou", la fièvre, la folie, et également la protection des troupeaux.
Saint Fort.
Saint Fort.
André Dulion, 66 ans,  curé de Saint-Fort, fut guillotiné le 21 janvier 1794 à Laval.
André Dulion, 66 ans, curé de Saint-Fort, fut guillotiné le 21 janvier 1794 à Laval.
Saint Pierre apôtre - Vitrail de François Fialeix, peintre-verrier à Mayenne (1860).
Saint Pierre apôtre - Vitrail de François Fialeix, peintre-verrier à Mayenne (1860).
Jésus Dieu-Fort - Vitrail de François Fialeix, peintre-verrier à Mayenne (1854).
Jésus Dieu-Fort - Vitrail de François Fialeix, peintre-verrier à Mayenne (1854).

L'écluse de Pendu.

L’existence d’une chaussée au Pendu est attestée depuis la fin du XIème siècle. Au XVIème siècle, elle est dotée d’une porte marinière destinée à faciliter le passage des bateaux.

Un moulin existait déjà sur la rive droite de la Mayenne en 1588.

Durant la seconde moitié du XIXème, la canalisation de la Mayenne siècle entraîna la réalisation d’un nouveau barrage doté d’une écluse et la reconstruction de deux moulins.

Rive droite, le moulin du Grand Pendu, édifié en 1862, était accessible par un pont mobile aujourd’hui disparu. En 1868, il est transformé en moulin à tan puis, en 1888, en moulin à huile. Le moulin du Grand Pendu fut détruit en 1991.

Rive gauche, au lieu-dit du Petit-Pendu, une grande minoterie fut édifiée en 1856. Elle cessa son activité en 1958 et servit alors d’entrepôt jusqu’à l’incendie de 1975 qui la ravagea entièrement.

Le four à pain de la maison éclusière est toujours conservé.

L’huilerie Marchand.

Au milieu du XVIIIème siècle, Jacques Pottier exploitait plusieurs moulins à huile sur la Mayenne.

En 1862, la construction du moulin du Grand Pendu permit la production d’huile de lin. Il existe encore la meule de granit qui fut mise en service en 1830 par Victor Pottier et qui fonctionna jusqu’en 1949 pour la production d’huile de lin et de colza.

A partir de 1898, le lin est progressivement remplacée par l’arachide dont les graines proviennent du Cap Vert. La production des huileries est transférée vers des bâtiments plus modernes.

En 1900, Félix Marchand, gendre de Victor Pottier, hérite de l’huilerie.

En 1992, l’entreprise prend le nom de Cargill France.

Depuis 1999, elle appartient au groupe A.O.P France.