Saint-Fraimbault-de-Prières.

Réemploi probable d'un boulet sur le mur d'enceinte de la mairie.
Réemploi probable d'un boulet sur le mur d'enceinte de la mairie.

L’église Saint-Fraimbault.

L'église primitive, antérieure à 1280, était petite et pauvre. Elle formait dès l'origine une croix latine. Au XVème siècle, des pierres tombales sont réemployées dans la construction des contreforts. Le linteau de la porte méridionale, sculpté en creux d'une accolade, est daté de 1613. La chapelle de la Vierge fut ajoutée en 1653, et celle de Saint-Sébastien en 1664. Le clocher, construit avec de la pierre tirée de la vallée de la Mayenne, date de 1863. Un rehaussement de la nef était sans doute envisagé.

En 1893, le nouveau curé, l'abbé Mautaint, envisage la reconstruction de l'église. Il réunit, sous la forme d'une souscription, la somme de 59915 francs de l'époque. Mais suite à la séparation de l’église et de l’état, c'est la commune qui en devient propriétaire. Il mettra cependant tous ses talents de « compagnon-bâtisseur » et d'artiste pour qu'elle soit la plus belle possible.

Le 13 février 1906, 5 gendarmes chargés de l'inventaire de l'église, durent affronter l’hostilité de 250 habitants de la commune. L'inventaire eut lieu quand même.

 

A l'extérieur de l'église, une pierre tombale découverte en 1863, porte l’inscription suivante :

"CY GIST LE CORPS DE MAITRE SEBASTIEN DUCLOS CURE DE CE LIEU DOCTEUR EN MEDECINE DECEDE LE 7 OCTOBRE 1733"

L’intérieur de l’église.

Une partie de la décoration de l’église est due, à partir de 1893, au talent d’artiste de l’abbé Mautaint: les stalles du choeur, les confessionnaux, le chemin de croix, la Croix de la Passion, le maître-autel, la vie de saint Fraimbault sculptée sur la chaire à prêcher…

Les retables latéraux datent du XVIIème siècle. Le retable du maître-autel a été réalisé en 1759.

Quatre statues en bois, saint Fraimbault, saint Michel, saint Jean-Baptiste et saint Sébastien, datant de la fin du XVIème siècle, ont été classées Monuments Historiques en 1993.

La Croix de la Passion.

Sur la Croix de la Passion sont fixés les objets illustrant le récit de la Passion : un marteau, des clous, des tenailles, une échelle pour dépendre le Christ, la lance du centurion, l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope, la couronne d'épine et le sceptre, le coq de saint Pierre, la bourse contenant les trente pièces d'argent de Judas, le fouet de la flagellation, la tunique sans couture, les dés pour tirer au sort les vêtements…

La chapelle de la Vierge (1653).

Dans les deux chapelles latérales, les retables ont été construits autour des poutres.

MIROSTEAV 1653
MIROSTEAV 1653

La chapelle de Saint-Sébastien (1664).

1664.
1664.

La statuaire.

Le chœur.

Dans le chœur, le retable du maître-autel a été réalisé en 1759 par Jean Moulin, menuisier au faubourg Saint-Antoine à Paris. Au centre du retable, le tableau original a disparu et a été remplacé par une descente de croix d’après Rubens, peinte par Gourdier, de Mayenne.

Les stalles ont été sculptées par l’abbé Mautaint.

Une plaque rappelle que le Pape Pie IX a accordé la faveur d’une indulgence plénière aux fidèles de la paroisse de Saint-Fraimbault en mémoire du dernier des châtelains de l’Isle du Gast, Georges d’Héliand, mort pour défendre le Saint Siège.

L’ancien château de l’Isle-du-Gast.

La famille d’Héliand, originaire d’Irlande, s’est installée en France à la suite de la guerre de Cent Ans. En 1730, le chevalier Pierre-Philippe d’Héliand (1699-1771), épouse Renée-Augustine-Elisabeth de Juigné (1707-1786) qui avait hérité du château de l’Isle-du-Gast de sa mère Marie-Anne de Racapé. Le domaine de l’Isle-du-Gast passe dans la famille d’Héliand.

 

En 1839, Pierre-Georges d'Héliand (1809-1843) épouse Marie-Pauline de Quatrebarbes (1812-1882). Ils auront trois enfants Marie-Clotilde (1840-1862), Georges (1842-1860) et Catherine (1844-1917).

En 1867, Madame d’Héliand ouvre son château aux vieillards, aux pauvres et aux orphelins.

Sa fille Catherine intègre les filles de la Charité, ordre fondé en 1633 par Vincent de Paul et Louise de Marillac. En 1875, les filles de la Charité s'installent au château. Catherine d’Héliand, devient Supérieure de l'Hospice Saint-Georges-de-L'Isle et fait don de son château au filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul à condition qu'il accueille toujours des "nécessiteux".

Durant la Première Guerre mondiale, le château devient une annexe de l’hôpital de Mayenne et accueille les Poilus blessés.

En 1924, un ancien orphelin fonde une fanfare qui, fort réputée, animera pendant plus de trente ans les fêtes et les défilés.

Aujourd’hui, Le foyer de vie accueille 86 handicapés.

Sainte Louise de Marillac (1591-1660)
Sainte Louise de Marillac (1591-1660)
Saint Vincent de Paul (1581-1660)
Saint Vincent de Paul (1581-1660)

Chateau de Coulonges.

Château du XVème siècle aujourd'hui en ruine. Propriété privée.

La chapelle Sainte-Barbe.

Cette chapelle, connue également sous le nom de chapelle des Séez, a été construite en 1546.

Croix Georges.

Cette croix évoquant la mémoire de Georges d’Héliand (1842-1860), dernier des châtelains de l’Isle-du-Gast, fut érigée par sa mère et sa sœur au lieu de leurs derniers adieux.

Engagé comme zouave pour défendre l’Etat pontifical, il meurt à 18 ans à Castelfidardo, en Italie, le 18 septembre 1860.

Le barrage.

En 1970, le conseil général décide la construction d'un barrage pour réguler le débit de la Mayenne. L'ouvrage, de 210 mètres de long, permet un débit de 700 mètres cubes par seconde. La retenue couvre 142 hectares. Une micro-centrale électrique a été installée sur le barrage.

 

Une vidange totale du lac, destinée à vérifier l'état du barrage, a été entreprise en octobre 2005. Une seconde vidange, partielle, a eu lieu en 2009 ; le niveau de l’eau a été abaissé de 2,50 m pour découvrir des zones humides jusque-là envasées (un phénomène d'accumulation de vase limite la capacité de stockage du plan d’eau).

Le barrage devrait être totalement émergé tous les 10 ans afin de vérifier la solidité de sa structure.

Le moulin de l'Isle.

En 1978, lors de la construction du barrage de Saint-Fraimbault-de-Prières, sept hectares du domaine des religieuses de Saint-Georges-de-l'Isle furent inondés ainsi qu'une ferme et que le moulin de l'Isle.

La construction du premier moulin est antérieure à 1567.

Le meunier, Julien Pacory, fut assassiné par les républicains le 15 septembre 1797. Une croix a été érigée à l'emplacement de l'exécution.

Le moulin a été reconstruit vers 1850.

Le dernier meunier fut monsieur Guillas.

Le moulin de l'Isle avant son immersion. Photo transmise par Mme Marthe Guillas, veuve du dernier meunier, à l'un des descendants de Julien Pacory.
Le moulin de l'Isle avant son immersion. Photo transmise par Mme Marthe Guillas, veuve du dernier meunier, à l'un des descendants de Julien Pacory.
Le moulin sur un plan de 1828.
Le moulin sur un plan de 1828.

Chapelle Notre-Dame-de-Pitié (cimetière).

En 1864, le cimetière est transféré en bordure du bourg. La famille d’Héliand fait bâtir dans le nouveau cimetière une chapelle pour abriter les stèles des religieuses décédées à l’hospice de l’Isle ainsi que les membres des familles d’Héliand et de Quatrebarbes.

La grotte de Saint-Fraimbault.

Cette grotte s’est taillée naturellement entre les failles du rocher dit "Roche Cornue". Autrefois, l’accès en était très difficile sauf quand le niveau de La Mayenne était bas.

En 1893, à son arrivée à Saint-Fraimbault-de-Prières, le curé Mautaint se désole de l’abandon de la grotte, alors propriété de sœur Catherine d’Héliand. Le taillis l’entourant appartenait à la municipalité qui le vendit pour la somme de 100 francs. En octobre 1897, le curé Mautaint élargit l’anfractuosité du rocher puis, maniant la pelle, la pioche et même la barre à mines, il trace les sentiers d’accès. Il trouve entre les pierres deux pièces de monnaie en argent et une agrafe de cuivre datées de l’époque de Charles Ier.

Ayant obtenu du pape Léon XIII "les droits d’indulgence plénière, une fois l’an, à celui qui confessé et communié, visite la grotte et prie pour l’église", la grotte est bénie en 1899.

Dix ans plus tard, le curé Mautaint creuse une nouvelle grotte, à quelques mètres de la grotte de Saint-Fraimbault, pour y placer des statues de Notre-Dame de Lourdes et de Sainte Bernadette.

Croix de granit dominant le site de la grotte de Saint-Fraimbault.
Croix de granit dominant le site de la grotte de Saint-Fraimbault.
Grotte abritant une statue en fonte de l’ermite.
Grotte abritant une statue en fonte de l’ermite.
Repère de nivellement au pied de la grotte.
Repère de nivellement au pied de la grotte.

Monument aux morts.