Saint-Jean-sur-Mayenne.

La commune de Saint-Jean-sur-Mayenne (1196 habitants) est traversée par les rivières de l'Ernée et de la Mayenne.

En 1900, la commune possédait 12 débitants de boissons, 7 épiciers, 4 maîtres d'hôtel, 3 meuniers, 3 charrons, 3 couturières, 2 boulangers, 2 charpentiers, 2 cordonniers, 2 marchands de graines, 2 maréchaux, 2 modistes, 1 marchand de cidre en gros, 1 maçon, 1 menuisier, 1 fabricant de sabots, 1 tailleur, 1 bourrelier...

La mairie.

L'église Saint-Jean-Baptiste.

Le 18 juillet 1769 eut lieu la bénédiction de la première pierre de l'église. La translation du Saint Sacrement, des fonts baptismaux et des vases sacrés depuis la chapelle de Saint-Triphon eut lieu le 8 octobre 1770.

L'église primitive avait la forme d'une nef rectangulaire terminée en abside. Au sud de cette nef, une chapelle abritait les fonts baptismaux.

Au XVIIIème siècle, l'église est dans un tel état qu'il faut célébrer les offices dans la chapelle Saint-Trèche.

La restauration commence en 1837: un transept et un chœur en abside sont construits, la nef est fortement remaniée.

En 1900, la vieille église surmontée d’un petit clocher d’ardoise tombe en ruines.

A l'intérieur de l'église, dans le déambulatoire, un monument fut élevé en 1919 en hommage aux paroissiens morts pour la France lors de la première guerre mondiale.

La chapelle Saint-Trèche.

Au VIIème siècle, un monastère dédié à saint Jean et à saint Trèche est édifié à Saint-Jean-sur-Mayenne.

Le monastère est donné le 10 février 854 par Charles le Chauve aux moines de Noirmoutier venus christianiser la région.

Vers 865, les bâtiments sont brûlés et détruits par les Bretons et les Normands. Du monastère, il ne reste que le mur que l’on découvre sous la chapelle.

Au XIVème siècle, une chapelle est construite à l’emplacement de la cellule de saint Trèche.

En 1916, la chapelle fait l’objet d’une restauration.

En 1919, la chapelle devient, par la volonté du curé de Saint-Jean-sur-Mayenne, un sanctuaire dédié aux victimes de la guerre. Ses murs sont couverts de cent cinquante plaques en leur mémoire.

 

La grotte.

La grotte naturelle, située au bord de l'Ernée, abritait, au début du XXème siècle, des statues évoquant des épisodes de la mort du Christ.

Pendant la Première Guerre mondiale, la grotte était un lieu de pélerinage à la Vierge. Des offices y étaient célébrés.

Château de la Chaussonnerie.

Le château de la Chaussonnerie fut construit à la fin du XIXème siècle par le député mayennais Gaultier de Vaucenay.

L'édifice, flanqué de deux tours rondes, comprend trois niveaux et sept travées.

Le pont sur la Mayenne.

Au XVIIIème siècle, une passerelle d'un mètre de large, formée de douze poutres, est posée sur des piles en maçonnerie. Elle remplace le gué qui permettait de traverser la Mayenne. Au milieu de la passerelle se trouvait un édicule consacré à la Vierge.

En 1842, construction d'un pont en pierre de cinq arches en remplacement de l'antique passerelle.

En 1866, construction d'un nouveau pont en granit de cinq arches et de huit mètres de large.

Endommagé en 1944, le pont est reconstruit à l'identique.

En 1901, le pont accueille les rails du tramway reliant Laval à Landivy.


Autrefois, pour traverser l’Ernée, les habitants devaient remonter jusqu’au moulin du Ravay pour traverser la rivière sur de simples planches ; les chevaux et les charrettes étaient forcés de traverser à gué au bas du bourg.

Plaque commémorative.

Le 4 août 1944, les soldats allemands s'y prennent à plusieurs fois pour faire sauter le pont. Deux arches sont détruites.

Le dimanche 6 août 1944, vers 9 h 45, les Américains arrivent à Saint-Jean-sur-Mayenne et demandent à la population de réparer le pont.

Le dimanche soir, à 19 h00, les véhicules américains pouvaient traverser la rivière.

Ecluse de l'Âme.

Au moyen âge, un barrage existait près du gué de l'Âme.

En 1855, lors de la canalisation de la Mayenne, un nouveau barrage, doté d'une écluse, est construit à un kilomètre en aval du site d’origine.

En 1959, EDF installe une micro-centrale dans le pertuis. Aujourd’hui, elle ne fonctionne plus, le transformateur a été supprimé.

La maison éclusière.

Sur le linteau de la porte d'entrée, on peut lire la date de 1854, le numéro (16) et le nom ECLUSE DE L’AME. Un agrandissement a été ajouté au sud de la maison à la fin du XXème siècle.

Au fond du jardin se trouve le fournil.

La frayère de l'Âme.

En 1856, un établissement piscicole est réalisé sur le nouveau site d'écluse de l'Âme. Rapidement, on s’aperçoit que les poissons (brochets…) ne remontent plus la rivière. Une frayère est donc construite à l’Âme ; la seule frayère maçonnée sur un site d'écluse en Mayenne.

Le bâtiment, constitué de piles de briques et ceint d’un assemblage de planches, était couvert d’ardoise. Il abritait des compartiments séparés les uns des autres par des murets en briques. 

Ecluse de la Maignannerie.

Depuis le Moyen Âge, un barrage assurait le fonctionnement d’un moulin à farine.

La canalisation de la rivière, dans la seconde moitié du XIXème siècle, entraîna la construction d’un nouveau barrage, doté d’une écluse, à 550 mètres au sud du site d’origine.

Dès 1954, une micro-centrale électrique fut installée dans le pertuis. Détruite par les crues, elle fut remplacée en 1996.

La maison éclusière porte sur le linteau de la porte d'entrée la date de 1854, le numéro de l'écluse (17) et son nom. Elle n'est accompagnée d'aucune dépendance. Son jardin est clôturé par un mur en moellons.

Ecluse de Boisseau.

La chaussée de Boisseau existe depuis au moins le XVème siècle. Elle assurait le fonctionnement d'un moulin situé sur la rive gauche. Ce moulin fut détruit en 1860.

Afin d'assurer le passage des bateaux sur la haute Mayenne, un projet de construction d'une écluse est établi en 1846. Il prévoit la destruction du moulin et le creusement d'un canal d'accès à l'écluse.

Les travaux sont achevés en 1853. Le barrage est reconstruit en 1881.

Un nouveau moulin est construit sur la rive droite en 1860. Il fonctionnait grâce à une roue unique alimentée en eau par un canal de dérivation. En 1959, il cessa son activité et fut transformé en maison d’habitation.


La maison éclusière.

La maison éclusière de Boisseau est la première construite lors de la canalisation de la Mayenne en 1948. Elle se distingue des autres maisons éclusières par ses ouvertures cintrées.

Dans le jardin, se trouvent les latrines, maçonnerie en brique et toit en pavillon. 

La maison éclusière a été agrandie d’une quatrième travée en 1982.

Le monument aux morts.

Cette sculpture, haute de deux mètres, représente le Poilu mourant en défendant le Drapeau.

Le monument fut inaugurée le 28 mai 1922.

La Vierge de la Merveille.

Sur le bord de la D250, près du chemin menant à l’écluse de la Maignannerie, une vierge trône au sommet d’une colonne entre deux grands arbres. On allait prier la Vierge de la Merveille le lundi de la Pentecôte.

Sur le socle, on peut lire, en écriture surchargée :

"N D DE GRACE - 1766 – ARRETE VOYAGEUR VIENS M ADRESSER TES VOEUX MON FILS EST TON SAUVEUR JE VEUS TE RENDRE HEUREUX"

 Les arbres qui ombrageaient la statue ont été renversés par un tourbillon en 1893.