Saint-Martin-de-Connée.

La Mairie.

Maison de la Tour (XVème et XVIème siècles).

La façade de cette maison a été modifiée, les fenêtres à meneaux situées de part et d’autre de la tour ont été remplacées par des portes. La tour abrite un escalier montant en colimaçon. 

Comme l’écrit de Charles II de Coësmes à François Ier en 1540, Saint-Martin-de-Connée est " un bourg bien peuplé de maisons et de biens gros et riches marchands ".

L’église Saint-Martin.

Vers le Xème siècle, une chapelle remplace un oratoire datant probablement du Vème siècle.

Le chemin Montais, un chemin de pèlerinage menant du Mans au Mont-Saint-Michel, passe tout près de l’église. Il est emprunté par les pèlerins depuis le XIIème siècle.

La partie la plus ancienne de l’église actuelle, la chapelle des forgerons, date du XIIIème siècle.

La plus grande partie de l’édifice a été bâtie aux XIVème et XVème siècles sur un cimetière médiéval. En 1847, lors d’une restauration, on a trouvé des pierres tombales servant d’assise à l’édifice.

Après le passage des huguenots, l’église a connu des restaurations. Sur l’un des contreforts du chevet, on trouve deux écussons avec la date de 1567.

En 1699, les fenêtres du chœur sont bouchées afin d’y adosser le maître-autel.

En 1776, une ordonnance interdit l’inhumation dans les églises, à l’exception des religieux. La " porte des morts ", donnant accès au cimetière, est alors murée.

L’église est dotée d’un clocher-portail ouvert sur trois côtés. Le clocher, haut de 40 mètres, en granit d’Orthe, a été construit en 1890 d’après les plans d’Eugène Hawke, l’architecte qui a dressé les plans de Notre-Dame de Pontmain.

L’église a été classée Monument Historique le 5 mai 1969.

Vie et martyre de sainte Barbe - peintures sur bois (fin du XVème, début du  XVIème siècle).

En 1493, une représentation du "Mystère de sainte Barbe" est donnée pendant six jours à Laval. Les douze panneaux peints de la voûte lambrissée qui évoquent la vie de sainte Barbe, vierge et martyre, s’inspire probablement de ce mystère médiéval. A l’origine, la voûte comptait dix-huit panneaux.

La lecture commence par les panneaux du bas de gauche à droite puis ceux du haut de droite à gauche :

1 Dioscorus, le père de sainte Barbe, l’engage à sacrifier aux idoles. Elle refuse.

2 A son père qui voudrait la marier, sainte Barbe déclare qu’elle veut rester vierge. 

3 Sainte Barbe réfute les docteurs de l’erreur.

4 Sainte Barbe repousse les tentatives de sa mère.

5 Sainte Barbe est torturée en prison.

6 Sainte Barbe est flagellée sous les yeux et sur l’ordre de son père. 

7 Saint Valentin enterre sainte Barbe 

8 Deux morts, après une bataille, vont être ressuscités par sainte Barbe.

 

Barbe, jeune fille vivant au IIIème siècle après Jésus-Christ, refuse toutes les demandes en mariage. Son père, un riche païen, l'enferme dans une tour pour la soustraire au prosélytisme chrétien. Barbe profite d'un voyage de son père pour recevoir le baptême. Comme Barbe refuse de sacrifier aux dieux des païens, son père Dioscore veut incendier la tour. La jeune fille réussit à s'enfuir et un rocher s'entrouvre pour lui ménager un refuge. Un berger trahit sa retraite, Dieu le punit en changeant ses moutons en statues. Dioscore parvient à reprendre sa fille, la traîne devant un tribunal et lui fait subir des supplices atroces en particulier par le feu. Promenée nue dans les rues, un ange la recouvre d'un voile. Barbe est alors décapitée par son père au sommet d'une montagne. Aussitôt après le meurtre, Dioscore est pulvérisé par la foudre.

Les peintures murales (fin du XVème, début du XVIème siècle).

Dans la nef centrale :

Supplice de saint Jean à la Porte Latine. L’évangéliste est ébouillanté dans de l’huile.

Saint André. La tête du saint a disparu, la hauteur de la nef a été réduite.

Saint Jacques le Majeur en pèlerin, portant un long manteau et coiffé d’un grand chapeau.

Les deux frères, saint Cénéré et  saint Cénery.

Dans le chœur :

Saint Georges terrassant le dragon. Scène très bien conservée. Le roi et la reine, représentés devant la ville de Silcha, regardent leur fille unique offerte au dragon à l'image de tous les garçons et les filles de la ville désignés par le sort. La jeune fille est sauvée par saint Georges venu terrasser le dragon.

Le martyre de saint Blaise. Le gouverneur le fait torturer à l'aide de peignes de fer qui lacèrent ses chairs.

Scène animalière – Saint Cosme et saint Damien - Sainte femme lisant un livre.

Mur nord du bas-côté nord de la nef :

Saint Christophe le géant porte sur son épaule l'Enfant Jésus. Il est le protecteur des voyageurs, des cyclistes, des automobilistes…

Saint Michel pesant les âmes et écrasant le Démon.

Sainte Marguerite assise sur le dragon.

Sainte Apollonie ou Apolline subissant le martyre. Après avoir eu toutes les dents brisées une à une, elle se jeta d'elle-même dans les flammes.

Vierge à l’Enfant.

Saint Laurent martyrisé sur un gril ardent en 259. Un bourreau tient dans ses mains une carde ou un peigne de fer. De très nombreux martyres ont subi le supplice de cet instrument, rares sont les saints représentés avec cet attribut.

Dans la chapelle nord de la nef :

Martyre de sainte Catherine. - Un évêque - Tête d’ange - Chevalier - Portraits (supposés) des donateurs.

Les retables.

L’église Saint-Martin compte quatre retables. Trois d’entre eux ont été réalisés par François Langlois (1644-1706), retablier lavallois, et classés Monuments Historiques en 1910.

Le maître-autel.

Il a été offert par Pierre Charlot, chirurgien, et exécuté par François Langlois en 1699. Il est le résultat d’un assemblage d’un retable et d’un autel plus ancien.

Au centre, un tableau de la Nativité, peint par Charles Dufresne de Postel d’Argentan, en 1699. De part et d’autre, les statues en terre cuite de saint Charles, à gauche, et de saint Julien, à droite. Au sommet du retable, une statue de saint Martin, patron de l’église. On retrouve le saint donnant la moitié de son manteau à un mendiant sur la sculpture centrale de l’autel.

Le retable de Sainte-Barbe.

Il a également été offert par Pierre Charlot, chirurgien, et exécuté par François Langlois en 1699. L’œuvre en tuffeau et en marbre a conservé sa disposition originelle. La statue de sainte Barbe, probablement de l’atelier d’Etienne Doudieux, a été offerte par Jacquine Ménage, veuve de Pierre Charlot, en 1701. Au sommet du retable, un médaillon représente saint Jacques.

Le retable de Saint-Sébastien.

Il a été commandé par Charles Leroy, curé de la paroisse, et exécuté par François Langlois en 1701. La statue de saint Sébastien a sans doute été offerte par l’abbé Caillard entre 1626 et 1635. Au sommet du retable, un médaillon représente saint Denis.

L’autel Notre-Dame.

L’autel de la Vierge a été offert en 1781 par Jeanne Le Plat de Quinçay, inhumée près de l’autel. Le tableau votif est signé J.L 1783. On y voit Monseigneur François-Gaspard de Jouffroy-Goussans, évêque du Mans, présentant à la Vierge une demoiselle Jeanne-Ténestine de Blanchardon.

La statuaire.

L’église abrite plusieurs statues allant du XVIème au XXème siècle.

- La Vierge aux Anges du XVIème siècle, en bois polychrome, située dans le chœur. La Vierge est couronnée par deux anges. Elle porte l’Enfant sur son bras droit. Sur un côté de son siège, un boiteux lui offre ses béquilles en ex-voto.

- Saint Eloi, patron des forgerons, en bois polychrome. Autrefois, la statue était placée dans la chapelle des forgerons où les ouvriers des forges d’Orthe assistaient à la messe.

- Saint Jacques en costume de pèlerin, avec un coquillage sur son chapeau, un bâton et une besace, terre cuite du XVIIème siècle. Cette statue, rappelant que l’église se trouve sur un chemin de pèlerinage, est située dans la nef.

- Vierge de Pontmain en plâtre, du XIXème siècle. La Vierge, apparue le 17 janvier 1871, est vêtue d’une robe bleue constellée d’étoiles. Elle tient une croix rouge dans les mains.

- Le Christ aux Outrages de la fin du XXème siècle, en bois, situé dans la chapelle des forgerons.

Vitrail de sainte Barbe, œuvre d’Auguste Alleaume (1920).

Vitrail du Père Burin, œuvre de A Mauméjean (1934).

Jacques Burin (1756-1794) est nommé curé de Saint-Martin-de-Connée en 1786. En 1791, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il est arrêté et expulsé de la paroisse mais y revient dans la clandestinité. Le 17 octobre 1794, il est tué par les révolutionnaires à la ferme du Petit Coudray à Champgenéteux. Des restes de son corps reposent dans un reliquaire à la Chapelle du Chêne. Le 19 juin 1955, le Pape Pie XII déclare Jacques Burin "Bienheureux".


Ce vitrail a été posé par les soins de M. le curé Elie Ledain et du père Louis Pottier s.j. enfant de la paroisse, l'an de grâce 1934-5. A Maume Jean fecit.

Vitrail de Jeanne d’Arc (1989).

Le curé d'Ars, Pierre Chevalley, peintre-verrier.