Saint-Pierre-sur-Orthe.

Par décret impérial du 14 décembre 1863 Saint-Pierre-la-Cour, canton de Bais, a pris le nom de "Saint-Pierre-sur-Orthe", pour éviter une confusion avec Saint-Pierre-la-Cour, canton de Loiron.

L’auditoire de justice de la seigneurie d’Orthe (XVème siècle).

Cet édifice du XVème siècle abritait autrefois l’auditoire de justice du seigneur d’Orthe qui avait droit de haute et basse justice. A date régulière, les sujets reconnaissaient ce qu'ils devaient au seigneur et s'en acquittaient.

Au XVIIème siècle, le bâtiment est partagé en deux auberges, La Boule d’Or et La Croix Verte. Une tour d’escalier hors-œuvre desservait les deux établissements. Ces auberges sont situées sur le Chemin Montais (Grand Chemin de Pèlerinage du Mont-Saint-Michel) très fréquenté depuis le Moyen-Âge.

De 1930 à 1962, l’ancien auditoire est occupé par un maréchal-ferrant.

En 1996, le bâtiment, inoccupé depuis près de 30 ans, est acquis par la municipalité qui souhaite le démolir pour agrandir la place de l’église. Le projet ayant été refusé par l’Architecte des Bâtiments de France, la municipalité envisage alors de le transformer en appartements ou en épicerie.

Le 6 mars 2008, l’édifice qui tombe en ruine est acheté par l’association "Les Amis du Patrimoine d’Erve et Orthe".

En 2009, la tourelle d’escalier est restaurée par l’Association (maçonnerie et couverture).

De 1930 à 1962, le bâtiment est occupé par un maréchal-ferrant.
De 1930 à 1962, le bâtiment est occupé par un maréchal-ferrant.

L’église Saint-Pierre.

D'origine romane, l'église Saint-Pierre fut plusieurs fois remaniée et agrandie.

Raoul est le premier curé connu entre 1184 et 1187.

En 1592, le prince de Conti occupe la commune avec son corps d'armée. L'année suivante, les Anglais transforment l'église en caserne et brûlent la plupart des archives.

En 1621, le curé Pierre Salmon et Etienne André, procureur de fabrique, font construire le ballet, auvent sous lequel sont délibérées les affaires publiques.

Curé depuis 1638, Michel Richer est assassiné en 1657 par Urbain Lepeltier, sieur du Verger. Il est inhumé devant le grand autel de l'église.

Peu avant la Révolution, le bas-côté nord est construit. Pendant la Terreur, l'église est transformée en temple de la Raison et abrite les délibérations municipales.

La tour surmontée de quatre frontons et d'une flèche est construite en 1863.

Sur la colonne de la place, la statue de saint Pierre a été réalisée en 1980 par M. Dubuisson, tailleur de pierres à Saint Pierre-sur-Orthe. Elle remplace celle réalisée en 1864 par le sculpteur Foubert de Sillé-le-Guillaume et qui se trouve maintenant dans l'église.

La pierre babillarde du ballet.

Le ballet, auvent sous lequel étaient délibérées les affaires publiques, fut construit en 1621, restauré en 1765 et déplacé en 1843 lorsque le cimetière devint place publique. Il servit alors de préau pour l’école communale.

En début d’année, dans chaque paroisse, à l’issue de la messe, les habitants, assemblés dans le cimetière au son de la cloche, prenaient connaissance du montant de l’imposition annuelle. L’agent du fisc faisait une encoche ou taille sur deux bâtons accolés preuve que le taillable avait payé l’impôt.

Au début du XXème siècle, la pierre babillarde servira au garde-champêtre pour les annonces municipales.

L’intérieur de l’église.

L'église Saint-Pierre abrite un important mobilier progressivement reconstitué au XIXème siècle, alors qu'il avait été vendu nationalement à Evron.

Le chœur présente les statues de saint Joseph, Jeanne d'Arc, saint Pierre, saint Paul, la Vierge de Pontmain et saint François d'Assise.

La statue de saint Sébastien est une terre cuite polychrome donnée en 1745 par Claude Bouchard.

Les stalles en bois du début du XVIIème siècle sont classées en 1910. Leurs accoudoirs sont décorés de têtes humaines.

Les retables.

Le retable du rosaire est sommé par les statues de saint Roch et de saint Denis dont la tête est manquante. Au centre du retable en bois, un tableau représentant La Vierge remettant le Rosaire à saint Dominique, peint en 1627 par Jean Duhay et restauré en 1745 par Claude Bouchard.

L’église possède également trois retables en marbre et en calcaire réalisés en 1738 par Guillaume Bigot.

Au sommet du retable de saint Julien, deux martyres dont la palme est manquante.

La statue du retable de saint Pierre, réalisée en 1864 par le sculpteur Foubert de Sillé-le-Guillaume, se trouvait auparavant sur la colonne située sur la place de l'église.

Les vitraux.

Les deux vitraux, "Saint Julien premier apôtre du Mans ressuscite en cette ville le fils d'un notable nommé Anastase" et "Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux", datant de 1905 ont été réalisés par Echivard du Mans.

Monument aux morts - Paroisse de Saint-Pierre-sur-Orthe à ses morts glorieux - 1914-1918

Derrière la plaque commémorative des 56 soldats morts pour la France, se trouve une peinture réalisée par une jeune fille de la commune, mademoiselle Madeleine Bidon, à l'initiative de P Louvel, curé de la paroisse.

La mairie (ancien presbytère).

Le presbytère a vraisemblablement été élevé sur les ruines d'un ancien logis seigneurial dont le colombier pourrait être le dernier vestige. Il date du XVIIème siècle.

Durant la Révolution, le presbytère et l'église forment le temple de la Raison.

De 1797 à 1822, le bâtiment appartient à la famille Froger de Maury qui y loge des familles de cultivateurs, d'ouvriers et d'aubergistes. Lors du Concordat de 1801, le citoyen de Maury refuse de rétrocéder le presbytère à la commune.

Le clergé le rachète en 1822 pour lui rendre sa fonction.

La tourelle est construite en 1869.

Vers 1960, la mairie s'est installée dans ce presbytère, puis le bureau de poste et la bibliothèque.

Le colombier.

Cette tour cylindrique datant du XVIème siècle est sans doute un vestige de l'ancien logis seigneurial.

Autrefois, seul le seigneur pouvait posséder un colombier, il ne pouvait en construire qu’un seul sur une propriété. Le seigneur élevait des pigeons pour la chasse, pour leur chair et pour leurs excréments (engrais). Un vaste pigeonnier était signe de richesse. Il était interdit à quiconque d'attraper, blesser ou tuer les pigeons sous peine de lourdes amendes. Ce privilège a été aboli le 4 août 1789, pendant la Révolution Française.

Construit autour d'un pilier central permettant l'accès aux boulins (nids creusés dans les parois), le colombier possède généralement deux niveaux séparés par un larmier (relief empêchant les prédateurs d'attaquer le niveau supérieur).

Le cimetière.

Autrefois le cimetière se trouvait à côté de l'église. Il a été transféré à l'emplacement actuel en 1843.

La tombe du soldat Ahmed Ben Mohamed.

Le soldat de 1ère classe, Ahmed Ben Mohamed, prisonnier de la Wehrmacht, fut abattu le 22 mai 1941 à la suite d'une altercation. Né en 1912, il était domicilié en Tunisie. Sa stèle est gravée d'un croissant et d'une étoile.

Dans le village.

Le chemin Montais - Le Mont-Saint-Michel, 170 km.

"Les petits gueux vont au Mont-Saint-Michel, les grands à Saint-Jacques-de-Compostelle". Dicton populaire.

Le four à chaux de la Boissière.

Des fours à chaux fonctionnaient déjà à la Boissière au XVIème siècle.

Les fours à chaux de la Boissière se sont éteints peu avant la guerre de 1914 - 1918.

Le four à chanvre du Ponceau.

Cette construction, ressemblant étonnamment à un colombier, est un four à chanvre qui était utilisé autrefois pour sécher le chanvre afin de faciliter la séparation de la fibre et de l'écorce par broyage. Un foyer était entretenu à l’étage du bas, le chanvre était entreposé en fagots, à l’étage supérieur, sur un plancher à claire-voies laissant passer la chaleur.