1914-1918 - Laval, un hôpital géant.

Dès le premier mois de la guerre, en août 1914, des trains sanitaires transportant des blessés arrivent dans les gares. La capacité d’accueil des hôpitaux permanents est rapidement insuffisante. Les hôpitaux civils deviennent des hôpitaux mixtes et reçoivent à la fois des civils et des militaires.

 

Des hôpitaux temporaires sont créés dans tous les bâtiments disponibles : écoles, lycées, écoles normales d’instituteurs, congrégations religieuses... Ils sont répartis en trois catégories administratives : 

- les hôpitaux complémentaires (HC) dépendent directement du Service de Santé Militaire. Ils sont ouverts en août 1914 et ferment en 1919 ;

- les hôpitaux auxiliaires (HA) sont gérés par des sociétés d’assistance de la Croix-Rouge, dont la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM). Ils sont ouverts en août 1914 et ferment en 1919 ;

- les hôpitaux bénévoles (numérotés en "bis") sont gérés par des bénévoles (collectivités locales, associations, communautés...). Ils sont souvent tenus par des religieuses ;

- les infirmeries de gare. Dans les gares, des brancardiers réceptionnaient les trains de blessés et les transportaient dans les différents hôpitaux.

La gare de Laval.

Le 27 août 1914, 247 hommes arrivent en gare de Laval pour être soignés. La ville va devoir s’organiser pour faire face à cet afflux de blessés ; une vingtaine de lieux est reconvertie en hôpital avec une capacité totale d’accueil de 2000 lits.

L’hôpital Saint-Julien.

L'hôpital Saint-Julien, dirigé par le Docteur Bucquet, devient un hôpital mixte. Il accueillera au total 10000 blessés.

L’hospice Saint-Louis.

L’hospice Saint-Louis est géré par la Croix-Rouge. Il compte 500 lits. Un potager y sera créé pour nourrir les pensionnaires, potager pillé par les habitants des environs.

L’hospice Saint-Louis fut fondé en 1678 par le père Honoré de Chauraud.

L’hospice Nazareth (21bis).

L’hospice Nazareth était tenu par les sœurs d’Evron. Il fonctionnera jusqu’en février 1919.

En 1777, Pierre Perier du Bignon, riche marchand de toiles, se fait construire un hôtel particulier sur les hauteurs de Laval.

De 1898 à 1998, la propriété est gérée par l’Association Sainte Marie qui y installe une école privée de filles et une Maison de Retraite portant le nom de Nazareth. Vers 1900, la société fait construire une chapelle contre le pignon ouest du corps de logis principal.

L’hôpital temporaire Ambroise Paré (HC n°52).

L’hôpital temporaire Ambroise Paré, qui accueillait des convalescents, était situé dans l’ancien évêché avec une capacité de 80 lits. Les combles ont conservé quelques inscriptions de l’époque : "A bas les boches" ou "Mort aux traites".

Le 30 juin 1855, le pape Pie IX décide de créer un diocèse à Laval. Le 30 août 1855, Monseigneur Casimir Wicart (1799-1879) est nommé premier évêque de Laval. L’évêché est édifié entre 1856 et 1861 par l'architecte Nicolas Lambert.

En 1906, après la séparation de l'église et de l'état, un nouvel évêché est construit rue du Cardinal-Suhard. L'ancien évêché devient, tour à tour, Hôtel des finances, Trésorerie générale (vers 1920) puis annexe du lycée Ambroise Paré en 1988.

Le lycée d'état de garçons Ambroise Paré (HC n°17).

Installé dans l’ancien couvent des Ursulines, le lycée de garçons Ambroise Paré est transformé en hôpital complémentaire, 250 élèves vont cohabiter avec 232 blessés. Le 10 septembre, il accueillera 122 prisonniers allemands blessés.

Le couvent des Ursulines fut construit en 1625 par l’architecte Etienne Corbineau.

La clinique de l’Espérance - 16, rue du Colonel Flatters.

En 1850, le curé de la Trinité demande à la municipalité une subvention pour favoriser l'établissement des soeurs gardes-malades à Laval, attendu qu'elles "donnent gratuitement leurs soins aux malheureux". Les soeurs de l'Espérance s'installent au 16 rue du Colonel Flatters en 1852.

La chapelle est construite en 1867. Le bâtiment donnant sur la rue est reconstruit entre 1875 et 1877 par l'architecte Eugène Boret.

L'établissement est devenu une maison de retraite pour les soeurs de la Sainte-Famille.

L’école normale d’institutrices (HC n°22).

L’école normale d’institutrices, rue de Clermont, fut un hôpital complémentaire jusqu’en juillet 1916, avec une capacité de 110 lits.

L’école fut construite en 1884 par l’architecte Eugène-Joseph Hawke.

L’école normale d’instituteurs (HA n°204).

L’école normale d’instituteurs, installée à la Maillarderie, fonctionnera comme hôpital auxiliaire d’août 1914 à juin 1917, avec une capacité de 120 lits. Cet hôpital, dirigé par l’association des Dames françaises, est présidée par Marie-Léonide Outin, née Masseron, première femme mayennaise à recevoir la Légion d’honneur.

L’Institution de l’Immaculée Conception.

Au début de la guerre, le collège de l'Immaculée Conception sert de caserne pour un régiment en attente du départ. Ensuite, une partie de l’établissement sert d’hôpital pour la Croix-Rouge et l’autre accueille des réfugiés.

L’hôpital est dirigé par Denise Gerbault née Luce, mère du navigateur Alain Gerbault. Elle contractera la diphtérie et mourra le 25 mai 1917.

L’institution de l’Immaculée Conception, créée en 1865, est transférée rue Crossardière en 1870. La chapelle fut construite en 1897 par l’architecte Eugène-Joseph Hawke.

Visite proposée par le service patrimoine.

Le dimanche 11 mai 2014, une visite gratuite était proposée par le service du patrimoine.

Accompagné d'Amélie de Sercey-Granger, médiatrice du patrimoine, le public nombreux a pu découvrir quelques sites reconvertis en hôpitaux provisoires durant la Première Guerre mondiale.