La chapelle Notre Dame de Pritz (VIIIème - XIème siècles).

L’église de Pritz fut construite près d’un gué sur la Mayenne, sans doute sur les vestiges d’une villa romaine.

Près de l'ancienne porte d’entrée aujourd’hui murée, se trouve un lech. Les lechs sont des stèles gauloises (VIème siècle av J.C) associées à des pratiques funéraires. A l’origine, ces pierres marquaient l’emplacement d’un cimetière gaulois ; elles furent souvent détournées de leurs fonctions lors de la christianisation.

L'église de Pritz est citée dans une charte de l'évêque Béraire dès 710. Certaines parties de l'édifice remonteraient au VIIIème siècle mais, à la fin du IXème siècle, l’église est en grande partie ruinée.

Vers 1024, les moines de l’abbaye bénédictine de la Couture du Mans y installent un prieuré. A cette époque, le chevet est modifié par la reconstruction du chœur et des absidioles du transept.

La nef est prolongée de 12 mètres au début du XIIème siècle. Malgré sa taille modeste, Notre-Dame de Pritz a joué un rôle essentiel dans l'évangélisation de la région. Elle est l'église paroissiale de Laval jusqu'en 1160.

A l’ouest de la chapelle, se trouvait un cimetière. En 1150, il était encore le seul cimetière où pouvaient se faire enterrer les habitants de Laval.

La chapelle Notre-Dame de Pritz est une propriété privée, elle a été vendue le 12 germinal an II (1794) à Julien Dupré pour 1805 livres.

A l’intérieur de la chapelle, de nombreuses peintures, s’échelonnant du XIème au XVème siècle, subsistent sur les murs.

L'église de Pritz est mentionnée pour la première fois en 710 dans le testament de l'évêque Béraire.
L'église de Pritz est mentionnée pour la première fois en 710 dans le testament de l'évêque Béraire.
Le sanctuaire a été vendu comme bien national le douze Germinal an II (1794) et reste une propriété privée depuis ce jour.
Le sanctuaire a été vendu comme bien national le douze Germinal an II (1794) et reste une propriété privée depuis ce jour.
L'église de Pritz a été construite près d'un gué sur la Mayenne.
L'église de Pritz a été construite près d'un gué sur la Mayenne.
Le choeur était doté d'une abside en cul de four, aujourd'hui disparue.
Le choeur était doté d'une abside en cul de four, aujourd'hui disparue.
Sur la façade nord de l'église, la maçonnerie est constituée d'un petit appareil régulier de grès intercalé de lits de briques horizontaux. Cette technique est appelée "l'opus mixtum".
Sur la façade nord de l'église, la maçonnerie est constituée d'un petit appareil régulier de grès intercalé de lits de briques horizontaux. Cette technique est appelée "l'opus mixtum".
Absidiole - XIème siècle.
Absidiole - XIème siècle.
Mur nord, maçonnerie à cordon de brique, témoignage de l'époque carolingienne.
Mur nord, maçonnerie à cordon de brique, témoignage de l'époque carolingienne.
Au XIIème siècle, la nef est rallongée de douze mètres vers l'ouest, mordant ainsi sur l'ancien cimetière.
Au XIIème siècle, la nef est rallongée de douze mètres vers l'ouest, mordant ainsi sur l'ancien cimetière.
A l'origine, le toit devait être recouvert de chaume ou de bardeaux de bois.
A l'origine, le toit devait être recouvert de chaume ou de bardeaux de bois.
Lech, stèle d'origine gauloise.
Lech, stèle d'origine gauloise.
Porte en chêne - XVIIème siècle.
Porte en chêne - XVIIème siècle.
Porte d'entrée - détail.
Porte d'entrée - détail.
Porte d'entrée - détail.
Porte d'entrée - détail.

L'intérieur de la chapelle.

Pierre tombale provenant de l'ancien cimetière médiéval.
Pierre tombale provenant de l'ancien cimetière médiéval.
Fonts baptismaux
Fonts baptismaux
Chemin de Croix autrefois situé sur le chemin de Pritz. Seule la sixième station "Sainte Véronique essuyant le visage du Christ" a été sauvée pendant la Révolution.
Chemin de Croix autrefois situé sur le chemin de Pritz. Seule la sixième station "Sainte Véronique essuyant le visage du Christ" a été sauvée pendant la Révolution.
Saint Christophe, patron des voyageurs.
Saint Christophe, patron des voyageurs.

Les gisants.

Abrités sous des enfeux jumelés (tombes encastrées dans l’épaisseur du mur), les monuments funéraires d’André Mérienne et de sa femme (XIIIème siècle). Les époux sont allongés, les mains jointes, les pieds reposant sur un animal.

André Mérienne, seigneur  et bienfaiteur du lieu, habitait à Laval rue des Chevaux.

Le jubé.

Le jubé, clôture en bois séparant l a partie réservée aux religieux de la partie de la nef où se tenaient les fidèles, porte la date de 1776 et la signature "J Gentil". Il reste également une partie haute d'un autre jubé beaucoup plus ancien. Cette partie servait à soutenir le crucifix.

Le retable.

Le retable du chœur (1677) est une oeuvre du sculpteur lavallois Michel Lemesle. Ce retable, partagé en trois niveaux horizontalement et verticalement, est décoré de coquilles, de guirlandes de fruits et de têtes d'angelots.

Les fresques.

Les murs de la chapelle de Pritz sont recouverts de nombreuses peintures murales datant du XIème au XVème siècle. Ces peintures permettaient de décorer les murs de l’église mais servaient également de support à l’enseignement du catéchisme.
Saint Christophe (XVème) - Les vieillards de l’Apocalypse (début du XIIème) - L’Annonciation et la Nativité encadrant une représentation du Christ accompagné de quatre apôtres (début du XIIème) - Le zodiaque - Le calendrier gothique des saisons (début du XIIIème) qui recouvre un calendrier roman - La décollation de sainte Catherine d’Alexandrie ordonnée par l’empereur Maxence (fin du XIIème)…

 

L'état de conservation dépend de la technique utilisée lors de la réalisation. Les couleurs étaient appliquées sur un enduit humide (a fresco) ou sec (a secco). Elles étaient alors mêlées à un fixatif. La technique "a fresco" est celle qui résiste le mieux dans le temps.

En fond, Saint Christophe, peinture du XVème siècle sur lequel a été peint un second Saint Christophe au XVIème siècle.
En fond, Saint Christophe, peinture du XVème siècle sur lequel a été peint un second Saint Christophe au XVIème siècle.
Sainte Catherine d'Alexandrie décapitée sur ordre de l'empereur Maximin - XIIIème siècle
Sainte Catherine d'Alexandrie décapitée sur ordre de l'empereur Maximin - XIIIème siècle
Sainte Marguerite d'Antioche, patronne des femmes enceintes - XVème siècle.
Sainte Marguerite d'Antioche, patronne des femmes enceintes - XVème siècle.
La famille d'André Mérienne en train de prier - fin du XIIIème siècle
La famille d'André Mérienne en train de prier - fin du XIIIème siècle
Sur le mur séparant le choeur de la nef, "les joies de la Vierge" (XIème siècle): la visitation, la Vierge allaitant, le Christ et les apôtres, l'enfant Jésus dans la crèche et la Vierge allongée,
Sur le mur séparant le choeur de la nef, "les joies de la Vierge" (XIème siècle): la visitation, la Vierge allaitant, le Christ et les apôtres, l'enfant Jésus dans la crèche et la Vierge allongée,
Sur le mur du choeur, "Les Vieillards de l'Apocalypse" (XIème siècle). Au nombre de vingt-quatre à l'origine, ils ne sont plus que six aujourd'hui.
Sur le mur du choeur, "Les Vieillards de l'Apocalypse" (XIème siècle). Au nombre de vingt-quatre à l'origine, ils ne sont plus que six aujourd'hui.
Six ayant disparu dans le percement des baies latérales et douze dans l'effondrement d'une partie du choeur à la fin du Moyen Âge.
Six ayant disparu dans le percement des baies latérales et douze dans l'effondrement d'une partie du choeur à la fin du Moyen Âge.
Dans le transept sud, un Christ en Majesté du XVème siècle.
Dans le transept sud, un Christ en Majesté du XVème siècle.
Martyr de Sainte Agathe (XVème siècle). Quintien, proconsul de Sicile, lui fit arracher les seins à l'aide de tenailles.
Martyr de Sainte Agathe (XVème siècle). Quintien, proconsul de Sicile, lui fit arracher les seins à l'aide de tenailles.

Le calendrier des saisons.

Au XIème siècle ( ?), un premier calendrier présentant les douze mois de l’année est peint sur l'intrados (la face intérieure de l’arc). Ce calendrier se lit de droite à gauche.

Au XIIIème siècle, un second calendrier, se lisant de gauche à droite, est peint sur le premier. Les mois y sont représentés par les travaux agricoles : semailles, moisson, battage, taille, vendange…

Le mois de janvier est représenté par Janus aux deux visages.

Janus, le mois de janvier du premier calendrier (XIème siècle).
Janus, le mois de janvier du premier calendrier (XIème siècle).
De bas en haut: janvier - février - mars.
De bas en haut: janvier - février - mars.
De bas en haut: avril - mai - Juin.
De bas en haut: avril - mai - Juin.
De haut en bas: juillet - août - septembre.
De haut en bas: juillet - août - septembre.
De haut en bas: septembre - octobre - novembre.
De haut en bas: septembre - octobre - novembre.

Écrire commentaire

Commentaires : 8
  • #1

    Vedrenne (dimanche, 12 juin 2011 21:43)

    merci pour ces clichés des fresques.Travail intéressant

  • #2

    MERIENNE Michelle Andrée (samedi, 03 décembre 2011 18:06)

    Félicitations pour ce travail photographique très détaillé tant sur la chapelle que sur les fresques et les 2 gisants. enfant en 1947 j y étais entrée mais j en gardais le souvenir d'un lieu sombre et abandonné. 65 ans plus tard cette visite virtuelle est un bonheur. Merci à vous.3 Décembre 2011 en Charente Maritime.

  • #3

    hadiden (samedi, 23 février 2013 10:29)

    bonjour,

    est ce possible de la visiter ?

  • #4

    laval53000 (samedi, 23 février 2013 12:31)

    Il faudrait vous adresser à l'Office de Tourisme du Pays de Laval:
    02.43.49.46.21

  • #5

    Monnet Thierry (mercredi, 02 avril 2014 14:05)

    Bonjour,

    Je suis en train de faire un article sur les peintures murales détruites de Grézieu-le-Fromental (Loire) qui représentaient le martyre de sainte Catherine. La photo représentant la décollation de la sainte de la chapelle Notre-Dame-de-Pritz est assez proche de celle de Grézieu, Accepteriez-vous de m'adresser une photo de celle-ci de bonne qualité afin que je puisse l'intégrer dans mon comparatif stylistique ? Merci par avance.

    Thierry Monnet, chercheur à l'Inventaire du patrimoine culturel en Rhône-Alpes. 04 26 73 57 49

  • #6

    idelson annick (lundi, 15 décembre 2014 23:55)

    Bravo pour ce travail à la fois clair, pédagogique, d'excellente qualité. Les jubés sont rares, beaucoup ayant été détruits .Les calendriers dans les 2 sens m'ont frappée .Nous avons réalisé un D.V.D :chefs d'œuvre d'art religieux (France et Turquie), non commercialisé mais je souhaiterais aussi le faire partager, je ne sais comment. Je suis une amoureuse d'art roman et étudie l'histoire de l'art et des religions à l'E.P.H.E .Merci de cette belle transmission

  • #7

    Claude COQUET (mercredi, 10 juin 2015 07:12)


    C'est magnifique ! Les photos sont d'une rare qualité, tous les éléments sont datés, ce qui est
    rarement le cas. Elles complètent heureusement la courte notice d'Alexandre Gordine dans "Peintures
    murales de l'ouest". La chapelle est visitable lors des journées du patrimoine.

  • #8

    Pierre olivier Aribaud (samedi, 04 juin 2016 11:44)

    Ahh notre dame de pritz
    Quand on etait gamins on y allait avec des copains a la recherche d un tresor