Les fontaines.

En 1485, les puits ne pouvant plus subvenir aux besoins en eau de la population lavalloise, des canalisations en bois, remplacées à partir de 1506 par des tuyaux en plomb, sont posées afin d'amener l'eau depuis les différentes sources jusqu'aux fontaines installées dans la ville.

Fontaine Grande Rue.

La Fontaine de Patience - Place des 4 Docteurs Bucquet.

Fontaine en granite de Sacé, édifiée en 1761, située primitivement rue de Rennes au débouché du Roquet-de-Patience. Elle a été transférée à son emplacement actuel en 1956.

La table en marbre noir porte une inscription latine 

QUAE LUTULENTA FUI MULTO PRIUS HAUSTA LABORE

JAM PURA ET FACILIS CIVIBUS UNDA LUO.

Signifiant :  

"J'étais troublée naguère, on tirait péniblement mon eau ;

maintenant je suis claire et je sers aux habitants"

suivie du nom des principaux magistrats municipaux.

La Fontaine Saint-Martin - 94 rue de Rennes.

Fontaine construite en 1810 par l'architecte Jean-Baptiste Tellot.

Au fronton de la fontaine, figure une inscription latine:

Anno Domini M.DCCCX imper. jam Sept Anno NAPOLE. MAGNO ;

Provinc. Administrante, N.-F. HARMAND, Ba Imperii, FONTEM HUNC,

H.-C. FRIN DE CORMERE, Municip. Pr. ; et STEPH. BOUDET Eques antecessor ejus

MAGNAE CIVIUM UTILITATI CONSECRARUNT

signifiant :

"En l'an du seigneur 1810, Napoléon le Grand étant empereur pour la septième année, Nicolas-François Harmand Baron de l'Empire étant administrateur de la province, Jérôme-Charles Frin de Cormeré maire et Etienne Boudet Chevallier son prédécesseur, ont consacré pour la plus grande utilité des citoyens cette fontaine".

La fontaine du Puits-Rocher ou fontaine des Trois-Croix.

Cette fontaine est mentionnée en 1516. Elle a été réédifiée en granite au XVIIIème siècle.

Autrefois, elle était située à l'angle de la rue de Paradis et de la rue du Hameau. Elle a été transférée à son emplacement actuel, le jardin de la Perrine, en 1936.

La bouche et le bassin sont abrités sous un demi cul-de-four (voûte en forme de huitième de sphère).

Cette fontaine est inscrite sur la liste des Monuments Historiques depuis le 13 novembre 1929.

La fontaine de Saint-Tugal.

La fontaine de Saint-Tugal, réalisée en marbre rose de Saint-Berthevin, a été construite dans le premier quart du XVème siècle. En 1741 des travaux y sont effectués afin qu'elle puisse recevoir, par un canal voûté, le trop plein de la fontaine du Palais.

Surmontée d’un fronton triangulaire, supporté par des pilastres ioniques, cette fontaine voit son déversoir agrémenté d’une grande coquille en marbre de Saint-Berthevin et d’une tête de fauve.

Fontaine rue du Val-de-Mayenne.

Fontaine rue du Gué d'Orger.

Fontaine rue de Pont de Mayenne.

Fontaine jardin de la Perrine.

Puits - Hôpital Saint-Julien.

Puits rue Victor Boissel.

Pompes à main.

Les fontaines Wallace.

Suite au Siège de Paris (1870), la capital connaît des temps très durs. Les bombardements de décembre 1870 et de janvier 1871 ont détruit de nombreux aqueducs et le prix de l'eau a considérablement augmenté.

Sir Richard Wallace, un britannique, décide de faire profiter les Parisiens de la fortune dont il a hérité de son père en août 1870. Il fonde un hôpital, s'occupe de l'accueil des victimes des bombardements, organise la distribution de vivres à la population et décide d’implanter de nombreux points d’eau potable : le besoin de ces " brasseries des quatre femmes " est urgent car de nombreux démunis sont dans l'impossibilité de trouver de l’eau gratuitement.

Richard Wallace conçoit lui-même quatre modèles différents de fontaines en fonte. Les emplacements ainsi que la couleur (vert profond) sont choisis par la mairie. C’est le Nantais Charles-Auguste Lebourg qui est chargé de leur réalisation. On peut lire sur le socle des plus anciennes fontaines la signature de l'usine : fonderie Val d'Osne (Haute-Marne).

Le succès des fontaines Wallace engendrera naturellement des copies par des fonderies concurrentes. On trouve des fontaines « à la manière de » qui ne sont pas d'authentiques fontaines Wallace.


 

Le grand modèle (2,71 m pour 610 kg) repose sur un socle à huit pans sur lequel vient s'ajuster la partie supérieure composée de quatre cariatides se tournant le dos et soutenant à bout de bras un dôme orné d'une pointe et décoré de dauphins.

Les quatre cariatides représentent la bonté, la simplicité, la charité et la sobriété. Elles sont toutes différentes, soit par la position de leur genou et de leurs pieds, soit par la manière dont leur tunique est nouée au niveau du corsage.

Simplicité et Sobriété ont les yeux fermés ; Bonté et Charité les ont ouverts. Elles représentent également les 4 saisons : Simplicité le printemps, Charité l'été, Sobriété l'automne et Bonté l'hiver.

Les quatre plus larges faces du soubassement sont décorées d'un trident autour duquel s'enroule un triton et les quatre autres montrent une conque de laquelle s'écoule un chapelet de perles. Conque et perles représentant l'ouïe et la parole.

L'eau s’écoule en un mince filet depuis le centre du dôme et tombe dans une vasque qui est désormais protégée par une grille. Deux gobelets en fer étamé, retenus par des chaînettes, sont à la disposition du consommateur. Ceux-ont été supprimés en 1952 "par mesure d'hygiène".

Aujourd'hui encore, ces fontaines sont souvent les seuls points d'eau gratuits pour les SDF. D'une grande réussite esthétique, elles sont reconnues dans le monde entier comme un des symboles de Paris.

Des vespasiennes aux colonnes Moris.

La vespasienne est un urinoir public pour homme situé sur les trottoirs ou dans les parcs. Elle est équipée de cloisons afin de préserver l'intimité et dispose parfois de chasses d'eau.

Les vespasiennes ont été utilisées par les homosexuels masculins mais également par les Résistants comme lieux de rencontre discrets durant la Seconde Guerre mondiale.

La colonne Morris est un élément du mobilier urbain, initialement parisien, qui servait de support aux affiches publicitaires des lieux de divertissement tels que les théâtres ou les cirques.

Cylindrique, éclairée la nuit, souvent rotative, elle servait également d'entrepôt pour le matériel des employés municipaux : balais, brouettes, outils de jardinage…

L’Empereur Vespasien (9 - 79) installa à Rome de grandes urnes d’argile pour recueillir l’urine que les tanneurs employaient pour dégraisser les peaux. Il établit également un impôt payable par tous les chefs de famille au prorata du nombre de personnes et d’animaux vivant dans le foyer. 

Devant la levée de boucliers que déclencha cet impôt sur les urines, il déclara : « Pecunia non olet » L’argent n’a pas d’odeur.

 

En 1834, le préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau, décide d’installer les première vespasiennes à Paris. En avril 1843, il en existe déjà quatre cent soixante-dix-huit. Le public les dénommera bientôt "colonnes Rambuteau" ou pissotières.

En 1839, le préfet de police Gabriel Delessert autorise l’installation de «colonnes urinoirs», supports d’affiches à l’extérieur et urinoirs à l’intérieur. Elles seront démolies en 1877.

En 1868, l'imprimeur Gabriel Morris crée une colonne exclusivement réservée à l’affichage des programmes de théâtre et lui donne son nom : La colonne Morris.

C’est en 1961 que le conseil municipal de Paris décide la disparition progressive des Vespasiennes avec en contrepartie la création de toilettes souterraines.

La Sanisette, marque déposée apparue à Paris au tout début des années 1980, abrite des toilettes publiques adaptées à un usage féminin dont l’accès est payant et le nettoyage automatisé.

 

En 2006, le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans un souci de "désencombrement des espaces publics" a décidé la suppression progressive de 223 colonnes Morris pourtant emblématiques de l'image de Paris.