Les rues du vieux Laval intra-muros.

Plan de Laval en 1753.

Grande Rue

La Grande Rue – 187 mètres.

La Grande Rue, qui se trouvait sur la voie romaine reliant Le Mans à Corseul, est l’une des plus anciennes rue de Laval. La ville ayant été détruite au XIVème siècle, durant la Guerre de Cent Ans, les plus anciennes constructions visibles aujourd'hui ne sont pas antérieures au XVème siècle.

Le Pont-Vieux, probablement d’abord bâti en bois, est édifié au XIIIème siècle. La porte peinte ou porte Bourdigal fermait alors le bas de la Grande Rue à l’entrée du Pont-Vieux.

La Grande rue a été pavée en 1784.

Sous la Révolution, la Grande Rue reçut le nom de rue Jemmapes (1792) puis de rue de la Montagne (1793).

 

En 1403, Guy de Laval, fils unique de Guy XII de Laval, alors qu'il jouait à la paume, tomba dans le puits qui se trouvait en bas de la Grande rue. Il mourut de ses blessures huit jours plus tard.

 

Le 25 mars 1403, Guy de Laval, fils de Guy XII, fut ensépulturé, auquel an advint par fortune adverse que ledit Guy, ainsi qu'il s'esbatoit au jeu de paulme avec les nobles jouvenceaulx de son aage, comme il entendoit seulement à son jeu, en reculant pour cuider retourner son esteuf, il tumba à la renverse dedans un puits sans marzelle, ny oncques ne purent, ses gens assistans, mettre remède que là il ne perillast ; car il ne vesquit que huit jours après.

 

La Grande Rue est bordée de nombreuses maisons des XVème et XVIème siècles, généralement avec pignon sur rue.

La Maison du Pou volant (1423), au numéro 28.

La Maison des Maires (fin du XVème – début du XVIème) , au numéro 38.

La Maison du Grand-Veneur (1550), au numéro 68, de style Renaissance.

Rue de Chapelle

La rue de Chapelle est une rue du centre-ville qui se trouvait à l'intérieur des remparts. Elle prolonge la rue des Serruriers pour rejoindre le bas de la Grande Rue.

 La rue compte un grand nombre de maisons datant du XVIème siècle (notamment aux numéros 1, 11, 16, 18, 19, 23 et 25).

Au numéro 34, la maison a été construite en 1781 pour le tailleur Jean Crouillebois. Les instruments professionnels du tailleur (ciseaux et aiguille) sont sculptés sur les linteaux des baies. Entre les baies un cartouche porte une inscription en latin et la date de la construction de la demeure.

Il y a deux versions concernant l’origine de son nom :

- La rue de Chapelle menait autrefois jusqu’à l’église de la Trinité ;

- La rue de Chapelle desservait un petit sanctuaire situé près du n°15.

Maison du XVIème siècle – 1 rue de Chapelle.

Maison du XVIème siècle avec cour située en retrait de la rue de Chapelle. Maison à deux étages, portes à arc chanfreinée, appuis de fenêtres à meneau présentant des sculptures, pignon surmonté de sculptures, escalier en vis hors-œuvre.

Dans la cour, les corbeaux que l’on aperçoit sur le mur mitoyen sont les vestiges d’une ancienne coursive reliant cette maison à la maison des Maires.

Rue des Chevaux

La rue des Chevaux, qui se trouvait à l'intérieur des remparts médiévaux, est l’une des plus vieilles rues de la ville. Elle s'ouvre d'un côté sur la rue du Pin-Doré et de l'autre sur la Grande Rue. Relativement large au départ, elle communique avec la Grande Rue par un étroit goulet et par un escalier.

La rue des Chevaux, adossée aux remparts sud de Laval, se trouve sur les "Éperons", en hauteur par rapport au reste de la ville. Au Moyen Âge puis à la Renaissance, la rue forme la "ville-haute" et est habitée par l'élite locale. À partir du XVIIème siècle, cette élite s'installe plus au sud, autour de la place du Gast, hors les murs.

A l'origine, les remparts, construits au XIIIème siècle, étaient ouverts rue des Chevaux par la "porte Belot-Oysel". Cette porte, condamnée et protégée par un bastion après la Guerre de Cent Ans, a disparu lors du percement de la rue des Éperons vers 1843.

La rue compte un grand nombre de maisons et d'hôtels particuliers des XVème et XVIème siècles:

- la Maison de la Psalette, au numéro 5, construite au XVIème siècle puis remaniée au XIXème siècle ;

- la Maison du Chastelais, au numéro 8, construite vers 150 ;

- les maisons aux numéros 1, 2, 3, 8, 11 et 13 datent toutes du XVème ou du XVIème siècle et ont généralement été modifiées au XVIIIème ou au XIXème siècle.

Rue des Serruriers

La rue des Serruriers se trouvait à l'intérieur des remparts. Elle rue s’est d’abord appelée rue des Claveuriers au Moyen-Âge puis rue Brutus sous la Révolution.

La rue des Serruriers prolonge la rue de Chapelle et rejoint la rue Charles-Landelle. Elle s'ouvre sur la place Hardy-de-Lévaré par la Porte Beucheresse. Autrefois, avant la construction de la rue Charles-Landelle, la rue des Serruriers débouchait dans la rue des Curés.

Cette rue compte plusieurs maisons des XVème et XVIème siècles.

Rue des Orfèvres

La rue des Orfèvres - 68 mètres.

Cette rue porte le nom des artisans de la corporation des orfèvres qui s'y étaient regroupés. Laval a recensé cinq maîtres orfèvres.

La rue est bordée de maisons construites au XVIème siècle (aux numéros 4, 5, 6 et 7), au XVIIème siècles (numéros 8, 9 et 10) et au XVIIIème siècle (numéros 12 et 15).

La rue des Orfèvres a conservé deux maisons à pans de bois aux poutres moulurées.

Au numéro 9, la maison a été construite en 1641 par l'architecte Pierre Corbineau pour les marchands Le Mesnier et Boussé. En 1770, Charles-André Louvrier, huissier, fait ajouter deux étages. On peut voir son monogramme et les symboles de sa profession (des plumes et un encrier) sur les balcons en fer forgé.

Sous la Révolution, la rue s'est appelée rue du Commerce puis rue Barra (François Joseph Barra, jeune tambour, est tombé sous les balles des royalistes en criant "Vive la République!". Il est mort à l'âge de 14 ans) .

Rue du Pin Doré

La rue du Pin-Doré, qui se trouvait autrefois à l'intérieur des remparts, prolonge la rue des Chevaux jusqu'à la place de la Trémoille. La moitié nord de la rue a été percée au XIXème siècle, après la destruction des petites halles, afin de permettre un accès direct vers la place des Acacias.

Les maisons les plus anciennes se trouvent donc entre la rue des Chevaux et l’intersection avec la Grande rue.

La maison située au numéro 22 a été construite au XVIème siècle. Cette ancienne maison à pan de bois a été remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles : transformations des ouvertures, enduit sur façade…

Rue des Curés

Autrefois, avant l’ouverture de la rue Charles Landelle, cette rue débouchait dans la rue des Serruriers.

Du XIIIème siècle au XVIIème siècle, deux curés administraient simultanément la paroisse de la Trinité et résidaient à proximité de l’église. Les deux "presbytères" sont à l’origine du nom de la rue des Curés. Les deux biens furent vendus au XVIIIème siècle.

Sous la Révolution, la rue des Curés reçoit le nom de rue Helvétius puis de rue Jean-Jacques Rousseau.

A l’Ouest, les maisons de la rue des Curés étaient adossées aux murs d’enceinte de la ville.

En 1855, le pignon de la cathédrale fut refait. Les maisons vétustes, accolées au pignon de la cathédrale, furent détruites et remplacées par un escalier donnant accès à un portail.