Auguste Alleaume - Maître verrier.

Auguste Alleaume (Angers 1854 - Laval 1940).

Auguste Alleaume est né en 1854 à Angers, il est le fils d’Auguste Symphorien Alleaume (1821-1895) et de Rose Hodée (1827-1909) qui eurent neuf enfants.

Très tôt, le jeune Auguste témoigne d’un intérêt pour les arts et suit un apprentissage dans un atelier de peinture sur verre à Angers.

En 1875, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris

En 1883, il entre dans l’atelier d’Emmanuel Champigneulle, avec lequel il réalisera quelques-uns des vitraux de l’église Notre-Dame de Mayenne.

En 1893, il s’installe à Laval et ouvre son propre atelier, 11, rue du Dôme. Deux de ses frères vont travailler avec lui : Ludovic (1859-1941), cartonnier (il prépare les maquettes), qui cosignera avec Auguste de nombreuses réalisations et Paul (1856-1940), monteur-coupeur.

En 1920, il reprend la conservation du Musée de Laval.

Auguste dirigera l’atelier jusqu’à sa mort en 1940.

 

Auguste Alleaume a été récompensé à plusieurs reprises :

- médaille d’argent à l’exposition universelle de 1889 ;

- médaille d’or à l’Exposition universelle de 1900 ;

- diplôme d’honneur à l’Exposition des Arts décoratifs de Paris en 1925 ;

- Légion d'honneur en 1929.

11, rue du Dôme
11, rue du Dôme

Histoire du vitrail.

 

Les plus anciens vitraux encore visibles datent de 1100.

 

Au XIIème siècle, pour compenser le manque de luminosité dû à la petite taille des ouvertures, les vitraux des églises romanes sont généralement très clairs et utilisent le verre blanc.

 

Le XIIIème siècle est l'âge d'or du vitrail. Avec l’architecture gothique, les fenêtres s’agrandissent, on utilise alors du bleu, du rouge, du vert.

Les fenêtres les plus basses racontent des épisodes de la vie du Christ ou de Saints, tandis que les fenêtres plus hautes présentent des grands personnages (Vierge, apôtres…). Apparition des premières rosaces.

 

Au XIVème siècle, afin d'éclairer les édifices, on utilise à nouveau du verre incolore. Découverte du "jaune d'argent".

 

Au XVème siècle, la gamme des couleurs s'enrichit (violet, brun-rouge…), les techniques s'améliorent : incrustation d'un verre à l'intérieur d'un autre verre (sertissage en chef d’œuvre), développement de la gravure de verres...

 

Au XVIème siècle, le Concile de Trente (1542-1563) recommande de faire rentrer la lumière dans les église, c'est le retour de la vitrerie.

 

Au XVIIème siècle, les édifices ont besoin de clarté pour éclairer les retables, les tableaux, les statues...

 

Au XVIIIème siècle, suite à la Révolution, le vitrail n’est plus reconnu comme un art majeur. Sa fabrication s’arrête et on assiste à la disparition des maîtres-verriers.

 

Au XIXème siècle, après deux siècles d'oubli, le vitrail connaît un nouvel âge d'or. La renaissance des vitraux est due à la réouverture des églises, à la construction de nouveaux édifices et au besoin d'entretenir les vitraux déjà existants (100 à 150 ans entre deux restaurations). Le vitrail sert de support à l'enseignement du catéchisme.

En Mayenne, le vitrail connaît un second âge d’or avec notamment le maître-verrier lavallois Auguste Alleaume.

 

Au XXème siècle, le mouvement « Art nouveau » contribue au développement du vitrail décoratif.

 

La réalisation d'un vitrail.

Tout d'abord, le maître verrier réalise une maquette, au dixième. Elle détermine le dessin, imposé par le commanditaire ou laissé libre, et les couleurs.

Une fois la maquette validée, le maître verrier réalise le dessin grandeur nature (le carton).

Enfin, le maître verrier réalise le vitrail: découpe du verre et du plomb, assemblage, soudure, masticage, pose.

Maquette du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
Maquette du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
Carton du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
Carton du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
Trois lancettes du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
Trois lancettes du vitrail "Saint Georges terrassant le dragon" (1903)
La verrière de l'église Saint-Georges à Villaines-la-Juhel
La verrière de l'église Saint-Georges à Villaines-la-Juhel

Tombe de la famille Alleaume au cimetière de Vaufleury.

L'œuvre d'Auguste Alleaume a été très abondante en Mayenne, malheureusement de nombreux vitraux ont été détruits durant la seconde guerre mondiale.

Le musée de Laval conserve plus de 500 cartons, projets, maquettes de vitraux civils ou religieux. Auguste Alleaume a également illustré quelques livres.

 

Communes du département dans lesquelles on peut encore voir des vitraux d'Auguste Alleaume:

Chailland, dix-neuf baies dans l’église Notre-Dame (1895 - 1896)

Chemazé, église Notre-Dame-de-l’Assomption

Craon, vitrail du transept de l’église Saint-Nicolas (1894)

Cuillé, église Saint-Martin (1898 - 1899 et 1936)

Désertines, église Saint-Pierre

Entrammes, église Saint-Etienne (1898)

Entrammes, chapelle Saint-Joseph-des-Champs

Grazay

La Baconnière, église Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien (1895)

La Chapelle-Rainsouin, église Saint-Sixte (1898 - 1900 - 1901 - 1902)

Larchamp, vitraux des quatre chapelles (1903)

Laval, église des Cordeliers, vitrail de sainte Cécile (1894)

Laval, église Saint-Vénérand, restauration des verrières de la Crucifixion et de la Vie de Moïse (1897)

Laval, chez un particulier, quai d'Avesnières

Laval, cimetière de Vaufleury, chapelle funéraire de la famille Derenne-Dudouet

Le Genest-Saint-Isle, église (1900)

Livré-la-Touche, église Notre-Dame-de-l’Assomption (1893)

Loupfougères, église Saint-Martin

Montaudin, restauration de l’Arbre de Jessé de l’église Notre-Dame (1919)

Montflours, église Saint-Martin (1914)

Montigné-le-Brillant, église Saint-Georges

Montjean, église Saint-Martin

Montourtier, chapelle du château de Bourgon (1930)

Nuillé-sur-Ouette, église Saint-Martin (1897)

Pontmain, basilique (1893)

Pré-en-Pail, église Saint-Julien des Eglantiers (1919)

Saint-Denis-du-Maine, église Saint-Denis (1925)

Saint-Fraimbault-de-Lassay, église Saint-Fraimbault (1919)

Saint-Martin-de-Connée, église Saint-Martin (1920)

Saint-Martin-de-Connée, chapelle Notre-Dame du Chêne

Saint-Quentin-les-Anges, église Saint-Quentin (1897)

Torcé-Viviers-en-Charnie

Vaiges, chapelle funéraire de la famille Robert-Glétron

Villaines-la-Juhel, église Saint-Georges (1903)

Chailland, dix-neuf baies dans l’église Notre-Dame (1895 - 1896)

Ensemble de sept verrières dans le choeur représentant la vie de la Vierge (1895).

Ensemble de douze verrières dans le transept: dessus de portes, verrière de saint Michel, verrière de l'Ascension (1896), verrière du Rosaire (1895), verrière du Christ et de la Madeleine (1895).

Chemazé, église Notre-Dame-de-l’Assomption.

Craon, vitrail du transept de l’église Saint-Nicolas (1894).

Cuillé, église Saint-Martin (1898 - 1899 et 1936).

L'église Saint-Martin de Cuillé abrite 14 vitraux réalisés en 1898, 1899 et 1936.

Sur deux des vitraux, Auguste Alleaume a ajouté son adresse, rue de Bootz, après sa signature.

Un vitrail porte la mention: 3 A Rue de Bootz A LAVAL (3 frères Alleaume).

Auguste Alleaume a réalisé les deux vitraux du "Je crois en Dieu" et celui du fond de la nef à l'âge de 82 ans.

Entrammes, église Saint-Etienne (1898).

Ensemble de cinq vitraux réalisés en 1898.

Entrammes, chapelle Saint-Joseph-des-Champs.

Six vitraux relatent la vie de Jésus.

La Baconnière, église Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien (1895)

L'église, fermée pour des raisons de sécurité, abrite quatorze verrières réalisées en 1895 par Auguste Alleaume.

La Chapelle-Rainsouin, église Saint-Sixte.

L'église Saint-Sixte de Rainsouin contient six verrières d'Auguste Alleaume:

- L'Adoration des bergers (1898) - Remploi d'un vitrail plus ancien.

- La vie de saint Louis (1899)

- La Vierge à l'Enfant (1900)

- Sainte Marguerite et sainte Thérèse d'Avila (1901)

- Comment saint Alexis mourut à Rome dans le palais de son père (1902)

- Saint Charles Borromée à la peste de Milan.

Larchamp, vitraux des quatre chapelles (1903).

La Sainte Famille (1880)

Le Sacré Coeur (1903)

Notre-Dame de Pontmain (1904)

Saint Dominique recevant le rosaire des mains de la Vierge

Laval, église des Cordeliers.

Vitrail offert par la famille Alexandre-Lamerie. Auguste Alleaume a réalisé ce vitrail en 1894. Il s’est inspiré du tableau "Sainte Cécile" de Raphaël (1514). Sainte Cécile, patronne des musiciens, est accompagnée de plusieurs saints. En haut du vitrail, deux anges jouent, l’un du tambourin et l’autre de la viole. Tout en bas, un orgue, devant lequel sont posés des instruments de musique, sert de socle à la composition.

Laval, église Saint-Vénérand.

Restauration des verrières de la Crucifixion et de la Vie de Moïse (1897)

Laval, maison particulière, quai d'Avesnières.

La verrière "La femme au panier" fut commandée en 1925 par le Docteur Loiseleur pour orner la cage d'escalier de sa maison.

Laval, cimetière de Vaufleury.

Vitrail de la chapelle funéraire de la famille Derenne-Dudouet (1916).

Le Genest-Saint-Isle, église Saint-Sulpice.

Vitrail réalisé en 1900, don de Monsieur et Madame Herrenschmidt.

Livré-la-Touche, église Notre-Dame de l'Assomption.

Deux vitraux réalisés en 1893: l'un consacré à "saint Stanislas Kostka, saint Louis de Gonzague et saint Jean Berchmans", l'autre à "saint Gabriel, saint Michel et saint Raphaël".

Loupfougères, église Saint-Martin.

Vitrail de Jeanne d'Arc "Jehanne: va et délivre le pays". Vitrail non daté réalisé par Auguste Alleaume.

Montaudin, église Notre-Dame.

Restauration en 1919 de l’Arbre de Jessé (arbre généalogique du Christ). Ce vitrail composé de 29 panneaux serait l'oeuvre des frères Simon et David de Heemsce, peintres verriers à Moulay, et daterait de 1544.

 

Montflours, égliseSaint-Martin.

L'ensemble des cinq verrières, don des paroissiens, a été réalisé en 1914.

Trois verrières représentent des personnages: saint Pierre, saint Martin et saint Paul, et deux verrières des scènes historiées: la messe de saint Martin et la charité de saint Martin.

Montigné-le-Brillant, église Saint-Georges.

L'église Saint-Georges de Montigné-le-Brillant abrite six vitraux. Les deux situés dans le transept, réalisés en 1916, sont dédiés l'un à la Vierge, l'autre à sainte Marguerite-Marie Alacoque et au Sacré Coeur. Le vitrail de "L'apparition de Jésus à Sainte Marguerite-Marie Alacoque" est signé dans le missel posé à terre devant la religieuse. Les quatre vitraux de la nef, tous identiques, ont été réalisés en 1930.

Montjean, église Saint-Martin.

« Cette fenêtre fut brisée par les agents du gouvernement à la deuxième tentative d’inventaire le 15 mars 1906 ».

Le vitrail de l'Inventaire rappelle les incidents provoqués dans la commune lors de l'inventaire consécutif à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905). 

Le 15 mars 1906, le vicaire de la paroisse ainsi que 6 hommes s’étaient retranchés dans l’église. En présence de 700 paroissiens venus soutenir le curé, les gendarmes ont grimpé sur le toit de la sacristie, ont brisé le vitrail de l’une des fenêtres de l’église permettant ainsi au délégué d’accomplir sa mission.
Ce vitrail a été peint à la main et réalisé d’après une photographie en 1906.

Montourtier, chapelle du château de Bourgon.

Cette baie d'axe de la chapelle, commandée par la comtesse Molitor, a été réalisée vers 1930.

Nuillé-sur-Ouette, église Saint-Martin.

Verrière de Saint Michel et Saint Edmond, réalisée en 1897 et verrière de l'Annonciation, non datée.

Pré-en-Pail, église Saint-Julien-des-Eglantiers.

En 1919, Auguste Alleaume réalise une série de huit vitraux représentant des scènes de la guerre de 1914-1918 afin d'honorer les 45 enfants du pays morts aux combats.

Les huit vitraux de la nef, dons des paroissiens, sont actuellement en restauration et devraient retrouver leur place au cours de l'année 2014. Une reproduction de chaque vitrail a été installée sous leur emplacement.

Saint-Denis-du-Maine, église Saint-Denis.

Le vitrail des quatre évangélistes, au-dessus du portail, a été réalisé en 1925.

Saint-Fraimbault-de-Lassay, église Saint-Fraimbault.

Vitrail de Jeanne d'Arc (1919).

Saint-Martin-de-Connée, église Saint-Martin.

Vitrail de sainte Barbe (1920)

Saint-Martin-de-Connée, chapelle Notre-Dame du Chêne.

Vitrail dédié à Notre-Dame de la Salette, le 19 septembre 1846.

Saint-Quentin-les-Anges, église Saint-Quentin.

La verrière du choeur, relatant la vie de saint Quentin, a été réalisée en 1897.

Au centre, saint Quentin tenant la palme des martyrs. De part et d'autre, quatre scènes : illustrant différents moments de la vie de saint Quentin: "Mission apostolique donnée à saint Quentin" - "Prédication de saint Quentin à Amiens" -  "Après d'affreuses tortures saint Quentin est décapité" et "Invention du corps de saint Martin".

Vaiges, mausolée de la famille Robert-Glétron.

Le mausolée de la famille Robert-Glétron abrite les corps de Jacques Robert, de sa mère Marie Glétron, de son père Anatole Robert, de sa grand-mère maternelle Félicité Vesin et de son grand-père maternelle Jacques Glétron.

Il a été construit à cheval sur le cimetière et sur le parc de la propriété des Robert-Glétron, à l’emplacement de l’ancienne chapelle funéraire familiale édifiée en 1892. Marie Robert ayant décidé de léguer la plupart de ses bien à la commune, le jardin est devenu public en 1929.

A l'intérieur du mausolée, sur des vitraux créés par le maître-verrier Alleaume, figurent les portraits ders membre de la famille. La crypte a été fermée en 1929, après le décès de Marie Robert-Glétron, dernier membre de la famille.

Villaines-la-Juhel, église Saint-Georges.

Saint Georges terrassant le dragon (1903).

Au centre de la verrière, saint Georges, en armure, sur son cheval blanc, terrasse le dragon avec sa lance. Au second plan, on aperçoit une jeune princesse délivrée par le saint. Au-dessus de saint Georges, la croix rouge des croisés. La signature est à peine lisible en bas à gauche, sur une pierre située sous la queue du dragon.

Vitrail du Sacré Coeur (1927).

Vitrail offert en mémoire de Monsieur et Madame Guillodard.

Exposition Alleaume, père et fils.

Du 28 avril au 29 août 2014 aux Archives départementales de la Mayenne.

Exposition Auguste Alleaume, un maître-verrier en Mayenne.

Du 28 juin 2014 au 31 mars 2015 au château de Sainte-Suzanne.