Léopold Joseph Ridel (1852 - 1910)

Léopold Joseph Ridel, né à Nantes, le 17 février 1852.

Son père, René Narcisse Ridel, est menuisier ; sa mère, Perrine Blain, est lingère.

Léopold a un frère, Octave, né le 6 février 1854, et une sœur, Anne-Aimée Louise, née le 26 juillet.

En octobre 1863, âgé de 11 ans et demi, il entre à l’Ecole professionnelle de Nantes. Il y restera trois ans.

Il poursuit son apprentissage dans les ateliers de Gustave Bourgerel (1813-1882), entré aux Beaux-Arts en 1835 ; puis dans les ateliers de Ludovic-François Douillard (1823-1896), entré aux Beaux-Arts en 1851.

De 1873 à 1878, Léopold Ridel est employé comme dessinateur à la Compagnie des chemins de fer nantais.

Le 11 juin 1878, il est employé comme dessinateur à la Compagnie des chemins de fer d’Orléans.

Le 10 juillet 1881, il devient architecte-voyer (architecte chargé de la voirie et des équipements urbains) de la ville de Laval, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, en 1910.

Le 9 février 1885, Léopold Joseph Ridel épouse Marie-Louise Martin, née le 9 mars 1867, âgée de 17 ans et demi, à Cossé-le-Vivien. Le couple s’installe rue Crossardière à Laval. Les époux auront un enfant, Pierre Léopold Ridel (1891-1894).

En 1889, il obtient une mention honorable à l’Exposition universelle et une seconde médaille au Salon de 1890.

En 1892, Léopold Ridel est nommé architecte départemental en remplacement d’Eugène Joseph Hawke, parti à la retraite et qui occupait ce poste depuis 1873.

En 1894, il est nommé conservateur du musée de Laval.

En 1895, il est nommé architecte des hospices de Laval.

En 1899, il devient architecte ordinaire chargé de l’entretien des Monuments historiques de Laval.

Par décret du 14 décembre 1900, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il est décoré par le préfet, le 16 février 1901.

En 1909, il obtient la charge de conservateur des antiquités et objets d’art classés.

Léopold Ridel décède à son domicile, le 25 juin 1910.

Le domicile du couple Léopold et Marie-Louise Ridel, à Laval.

Léopold Ridel habitera rue Crossardière, à Laval, de 1885 à 1910, dans une maison dont il était propriétaire.

Léopold Ridel, architecte de nombreux édifices lavallois.

Le Petit Lycée (1884-1885) - Angle de la rue de Paris et du Boulevard Félix Grat.

En séance du 9 mai 1882, le maire de Laval émet le souhait de créer, rive gauche de la Mayenne, un "Petit Lycée" (la population de la rive gauche est trop éloignée du lycée installé dans l’ancien couvent des Ursulines).

C’est Léopold Ridel, le nouvel architecte de Laval, qui est chargé de sa construction (1884-1885).

Le montant définitif des travaux se monte à près de 260.000 F.

En 1905, un collège de jeunes filles est créé dans ce "Petit Lycée".

Aujourd’hui, ce bâtiment accueille les internes du lycée Douanier Rousseau.

On peut admirer une magnifique pendule, en faïence émaillée, réalisée par le céramiste Léon Parvillé, à l’angle de la rue de Paris et du Boulevard Félix Grat.

Le cimetière de Vauflaury (1887)

En 1776, un édit royal promulgue le transfert des lieux d’inhumation en dehors des agglomérations ; Laval compte alors cinq cimetières principaux.

Durant la Révolution, les morts sont inhumés, sans cérémonie, dans une fosse commune, sur les landes de la Croix-Bataille.

En 1807, un cimetière est ouvert sur le site de la Guétière (emplacement actuel des Archives Départementales). Ce cimetière s’avère rapidement trop exigu. Le 15 novembre 1881, le conseil municipal décide la fermeture du cimetière de la Guétière.

Le 1er février 1887, un nouveau cimetière, conçu suivant les plans de l’architecte Léopold Ridel, est ouvert  à Vaufleury,

Les bâtiments d'entrée, situés de part et d'autre du portail, ont été réalisés par l'architecte Léopold Ridel entre 1882 et 1886. Ils abritent l'administration du cimetière et le logement de fonction du gardien.

Musée des Beaux-Arts (1890-1899) - Aujourd'hui CCSTI.

En 1850, un musée est installé à la mairie et au tribunal. Il contient 86 peintures.

En 1850, la mairie achète la propriété de la Perrine avec toutes ses dépendances et annexes.

En 1889, la mairie décide d'implanter le musée entre le parc de la Perrine et la Place de Hercé.

Le musée des Beaux-Arts fut construit par Léopold Ridel entre 1890 et 1899.

Surmontant le porche, les statues de la Sculpture et de la Peinture sont l’œuvre du sculpteur Tony Noël. De part et d’autre de l’escalier, un "Tigre attaquant une tortue" et un "Bison assailli par un jaguar", ont été sculptés par Georges Gardet.

Ornant les ailes du bâtiment, deux bas-reliefs : à gauche, "La Naissance de Vénus" par André-Joseph Allar (1897) et, à droite, "L'Agriculture" par Alfred Lenoir (1897).

Après avoir été transformé en Musée des sciences, ce bâtiment abrite aujourd'hui le Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle.

Monument de Saint-Mélaine (1892) - Angle de la rue Saint-Mélaine et de l’Avenue Chanzy.

En 1892, Léopold Ridel dessine un monument "à la mémoire de C Julhiet, sous-lieutenant au 27ème mobiles de l’Isère, et des soldats français qui tombèrent, le 18 janvier 1871, à Saint-Mélaine, pour la défense de la patrie, dans le dernier combat livré par l’Armée de la Loire."

Ce monument, sculpté par Eugène Legueult, représente une figure de la Patrie voilée, encadrée de palmes.

Le monument sera inauguré le 16 octobre 1892, en présence de plus de 10.000 Lavallois.

Gare des tramways de Laval (1895-1900) - Aujourd'hui Office de Tourisme du Pays de Laval.

La gare des tramways de Laval a été construite par Léopold Ridel entre 1895 et 1900.

Le gros œuvre du bâtiment est en calcaire gris-bleu et en granite pour le soubassement. Pour le décor, l'architecte utilise de la brique (cheminées, arc des ouvertures), de la céramique polychrome (bandeau, corniche) et de la faïence (entourage de l'horloge, corniche). Quelques destinations sont inscrites en façade.

Une magnifique horloge occupe le sommet de la façade.

 

Aujourd’hui, ce bâtiment abrite l'Office de Tourisme du Pays de Laval.

La chapelle Saint-Julien (1895-1901)

Fondé au XIIème siècle, l’hôpital Saint-Julien se trouvait situé primitivement à la tête du Pont Vieux.

Au milieu du XVIIème siècle, un nouvel hôpital est construit à l’emplacement des anciennes lices seigneuriales.

En 1650, les religieuses hospitalières de La Flèche accueillent les premiers malades.

En 1714, l’hôpital est augmenté d’un bâtiment dit des Incurables (l’hôpital Saint-Charles).

La construction des quais, en 1866, entraîne la disparition de l’édifice primitif et la reconstruction d’un nouvel hôpital par l’architecte lavallois Léopold Ridel.

Les travaux débutent en mai 1905. La chapelle Saint-Joseph est consacrée le 17 octobre 1091.

Le décor de la chapelle est confié au maître-verrier Auguste Alleaume et au peintre Maurice Chabas.

L'Hôtel de la Caisse d’Épargne (1896-1900)

A la fin du 19ème siècle, de nombreuses Caisses d’épargne somptueuses sont construites en France. A Laval, la construction d'une nouvelle Caisse d'épargne est confiée à Léopold Ridel.

Les travaux s'échelonnent entre 1896 et 1900.

Le fronton est signé André-Joseph Allar, les linteaux sont sculptés par Alfred Thiébault et le plafond de la salle du conseil est peint par Ludovic Alleaume, en 1906.

En 2007, la Région des Pays-de-la-Loire achète les locaux pour 1,6 millions d'euros et y installe l'Espace régional.

Le bâtiment accueille également la Maison de l'Europe, créée en 1994 par Bernard Le Godais.

Début 2018, l'Espace régional est à vendre.

Hôtel particulier 4, quai d'Avesnières (1896).

Vers 1844, Bertron de la Pignerie fait construire un magasin et une teinturerie au port Saint-Pierre, au bas de la rue Hydouze.

En 1885, Adolphe Masseron et Chauvin, nouveaux propriétaires des bâtiments, entreprennent l'agrandissement de l'usine. Ils construisent un magasin, une écurie et une remise.

Les bâtiments de la rue Hydouze seront détruits en 1987.

En 1896, les propriétaires font construire un hôtel particulier à l'extrémité du terrain, sur une parcelle étroite, à l'angle de la rue Hydouze et du quai d’Avesnières. Ils font appel à Léopold Ridel, architecte de la ville.

La façade du bâtiment, côté quai d'Avesnières, comporte quatre niveaux dont un de comble et cinq travées régulières.

Au rez-de-chaussée les ouvertures sont légèrement cintrées, au premier étage, elles sont à linteau droit et dotées d’un balcon et au deuxième étage, elles sont cintrées.

A noter la logette surmontant la porte d'entrée, la véranda en fer forgé ornée de céramique polychrome ainsi que l’ornementation du toit.

La maison d’arrêt (1903-1908).

Le Vieux-Château servit de prison depuis la Révolution jusqu'en 1908.

Entre 1903 et 1908, une nouvelle prison est construite, à La Caucardière, par l’entrepreneur de Fougère, Raphaël Moreau, suivant les plans de l’architecte Léopold Ridel.

Dotée d’installations modernes (cellules individuelles, douches, chauffage…), cette construction fut décriée par de nombreux lavallois qui ne bénéficiaient pas du même confort que les prisonniers: « les condamnés sont logés à Laval comme de véritables seigneurs… le chauffage est assuré la nuit comme le jour… il n’y a pas de maison particulière où les règles de l’hygiène et de la propreté sont mieux observées que dans l’hôtel de la Caucardière. »

Monument aux morts de la guerre de 1870 (1904).

Ce monument aux morts, réalisé d'après les plans de Léopold Ridel, a été exécuté par le sculpteur André-Joseph Allar en 1904. Il abrite les corps de 504 soldats français morts en 1871.

En 2001, le comité de Laval du Souvenir Français a déposé une plaque sur laquelle on peut lire les mots suivants : "Ici reposent 504 soldats français morts pour leur patrie 1870 1871"

Usine de tissage (1905) - Quai Paul Boudet - Aujourd’hui, Les Tissus d’Avesnières.

Une usine de tissage mécanique est construite, en 1876, pour monsieur de La Broise.

En 1905, les bâtiments sont reconstruits d'après les plans de l'architecte Léopold Ridel. A cette date, l’usine compte environ 400 ouvriers et fabrique des coutils pour complets et des coutils drapés.

En 1917, l'usine est rachetée par la famille Feinte.

En 1956, l'entreprise ajoute la teinture et l'impression à son activité initiale de tissage.

En 1966, suite à une crue exceptionnelle de la Mayenne qui inonde les ateliers, les métiers à tisser sont totalement inutilisables. L’entreprise cesse son activité de tissage.

En 2003, l'usine se spécialise dans l'impression et la teinture de tissus d'ameublement. L’usine emploie 54 employés.

Le bâtiment central présente des ouvertures et des éléments de décor en brique.

Au-dessus du porche, une niche abrite une Vierge à l’Enfant, Notre-Dame d’Avesnières.

L'Ecole de filles d'Avesnières (1905)  - Aujourd'hui, Maison de quartier d'Avesnières.

Le cimetière d’Avesnières est désaffecté le 7 février 1887. Le transfert des corps dans le cimetière de Vaufleury, ouvert le 1er février 1887,  durera jusqu’en 1905.

En 1905, sur l’emplacement du cimetière, le conseil municipal envisage de construire une école primaire de filles et une école maternelle.

Malgré de très vives critiques, les travaux sont adjugés le 21 octobre 1905 ; c'est Léopold Ridel qui réalisera les travaux.

L’école de filles d’Avesnières ouvre en 1907 (coût total : 82461,37Fr).

En 1959, le conseil municipal y installe deux classes démontables.

Cimetière de Vaufleury (vers 1910) - Tombe de Léopold Ridel.

Léopold Ridel décède le 25 juin 1910, à Laval. Il est inhumé au cimetière de Vaufleury.

Sa tombe est ornée d'une Vierge pleureuse, due au sculpteur André Joseph Allard.